Avec l'accord de l'ONU, l'armée française a débuté hier son intervention pour restaurer la sécurité en Centrafrique, où la situation a commencé à dégénérer avec le massacre d'au moins 130 personnes à Bangui. « Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement, c'est-à-dire dès ce soir (...) », a annoncé le président français François Hollande, lors d'une courte déclaration à la télévision. L'opération française « sera rapide », elle « n'a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », a déclaré M. Hollande. « La France n'a pas d'autre objectif que de sauver des vies humaines », a-t-il assuré, quelques heures à peine après le vote à l'unanimité d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir en République centrafricaine.
Cette annonce officielle du début de l'opération « Sangaris » (du nom d'un papillon rouge) tombe au terme d'une journée de massacres à Bangui, sous couvre-feu dès la nuit tombée, et où les habitants vivaient dans l'angoisse des heures à venir. La terrible journée a débuté avant l'aube, lorsque de violents affrontements ont éclaté dans le nord de la capitale. Dans l'après-midi, au moins 54 cadavres étaient rassemblés dans une mosquée du centre-ville et 25 autres gisaient dans les rues, abandonnés sur le bas-côté. Les corps portaient des marques de blessures à l'arme blanche et par balles. À l'hôpital communautaire de Bangui, Médecins sans frontières a fait état de 50 morts et 80 blessés. D'autres quartiers de la ville restaient inaccessibles, laissant présager un nombre bien plus élevé de victimes.
La résolution de l'ONU a été adoptée par les 15 membres du Conseil sur proposition de la France. Londres a proposé une « aide logistique limitée » à Paris. L'UE étudie encore ses options.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Centrafrique
La France lance l’opération « Sangaris »
OLJ / le 06 décembre 2013 à 00h00

