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Moyen Orient et Monde - Yémen

La violence de nouveau en plein cœur de Sanaa

Un attentat-suicide, suivi d'une attaque armée contre le ministère de la Défense, a fait au moins 52 morts.

L’assaut a été lancé par un kamikaze au volant d’une voiture piégée qui a forcé une entrée du ministère, avant d’être suivi par des complices à bord d’un autre véhicule. STR/AFP

Des hommes armés ont lancé un assaut spectaculaire contre le siège du ministère de la Défense hier à Sanaa, au moment où les attentats attribués à el-Qaëda se multiplient au Yémen sur fond de blocage politique.
Les assaillants ont concentré leur assaut, un attentat-suicide suivi par une attaque armée, contre l'hôpital militaire de l'immense complexe abritant le ministère, situé près de Bab al-Yaman, à l'entrée de la vieille ville de Sanaa. Il s'agit d'une des attaques les plus violentes qu'ait connues la capitale yéménite depuis un an et demi. Cinq médecins étrangers – deux Allemands et deux Vietnamiens – et une Yéménite, ainsi que trois infirmières – deux Philippines et une Indienne – figurent parmi les morts, selon une source médicale. L'attentat, sur le modus operandi d'el-Qaëda, n'a pas été encore revendiqué.
L'assaut a été lancé par un kamikaze au volant d'une voiture piégée qui a forcé une entrée du ministère, avant d'être suivi par des complices à bord d'un autre véhicule. Ces derniers, munis d'armes automatiques, ont réussi à atteindre l'hôpital militaire et deux autres bâtiments de l'immense complexe, d'où s'est élevée une colonne de fumée noire après la forte déflagration. L'attaque a fait au total 52 morts et 167 blessés dont 9 graves, selon un responsable des services de sécurité. L'un des frères du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, Ahmad, âgé de 90 ans, qui était soigné à l'hôpital du complexe, a survécu et a été transféré dans un autre établissement, selon la source médicale.

Flaques de sang
Le ministère de la Défense a indiqué, sur son site Internet, que l'armée avait repris le contrôle de la situation à l'intérieur du
complexe, alors qu'une source de sécurité a affirmé que « le groupe des assaillants avait été anéanti ». La télévision d'État, qui a aussi indiqué que l'attaque avait pris fin, a souligné que les assaillants avaient profité de travaux à l'entrée du complexe pour lancer leur attaque.
Elle a montré des corps déchiquetés par les balles ou calcinés devant l'établissement hospitalier, un bâtiment blanc de trois étages dont l'entrée est très endommagée, en précisant qu'il s'agit de ceux des assaillants. Sur les images, on pouvait également voir des carcasses de voitures et des salles de l'hôpital dévastées avec des flaques de sang au sol. Le président yéménite, a tenu sur les lieux une réunion avec les hauts responsables des services de sécurité, à qui il a demandé d'ouvrir une enquête dont les résultats doivent être publiés sous 24 heures.

Blocage politique
Les États-Unis ont fermement condamné hier l'attaque et appelé les Américains à éviter de se rendre dans le pays. « Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes », a déclaré la porte-parole adjointe du département d'État, Marie Harf, en dénonçant cette attaque « insensée » selon la Commission suprême de sécurité citée par l'agence officielle Saba.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a pour sa part « condamné dans les termes les plus forts les attaques terroristes », selon son porte-parole. Il a « rappelé que le Conseil de sécurité avait réaffirmé être prêt à considérer davantage de mesures en réponse à toutes les actions (...) visant à interrompre le processus de transition » politique, selon cette même source.
Ces derniers mois, le pays a connu une escalade des violences, notamment contre l'armée. La majorité des attaques est attribuée au réseau extrémiste el-Qaëda qui reste particulièrement actif dans le sud et le sud-est du pays, bien qu'il ne les revendique que rarement. La capitale yéménite n'a pas échappé à l'escalade. Le 26 novembre, un Biélorusse a été tué et un autre blessé en pleine rue par des hommes armés. Quatre jours plus tôt, un député, représentant de la rébellion zaïdite chiite au dialogue national en cours, a été assassiné.
Le processus de transition politique au Yémen, seul des pays du printemps arabe où un soulèvement populaire a abouti à un départ négocié de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, est bloqué. Le dialogue national, destiné à mettre fin à une période de transition politique de deux ans et à donner au pays des institutions pérennes, est actuellement dans l'impasse. Ce dialogue entre toutes les forces politiques devait s'achever le 18 septembre et déboucher sur l'élaboration d'une nouvelle
Constitution pour permettre la tenue d'élections générales. Mais il se heurte à plusieurs obstacles, notamment les demandes d'autonomie des Sudistes. Les retards dans l'application de l'accord de transition pourraient par ailleurs nécessiter le prolongement du mandat du président Mansour Hadi, élu en février 2012 pour une période intérimaire de deux ans à l'issue de laquelle des élections générales doivent être tenues sur la base d'une nouvelle Constitution.
(Sources : agences)

Des hommes armés ont lancé un assaut spectaculaire contre le siège du ministère de la Défense hier à Sanaa, au moment où les attentats attribués à el-Qaëda se multiplient au Yémen sur fond de blocage politique.Les assaillants ont concentré leur assaut, un attentat-suicide suivi par une attaque armée, contre l'hôpital militaire de l'immense complexe abritant le ministère, situé près de Bab al-Yaman, à l'entrée de la vieille ville de Sanaa. Il s'agit d'une des attaques les plus violentes qu'ait connues la capitale yéménite depuis un an et demi. Cinq médecins étrangers – deux Allemands et deux Vietnamiens – et une Yéménite, ainsi que trois infirmières – deux Philippines et une Indienne – figurent parmi les morts, selon une source médicale. L'attentat, sur le modus operandi d'el-Qaëda, n'a pas été encore...
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