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Liban - Environnement

Des chasseurs du M-O s’engagent à la chasse responsable et à la protection des oiseaux migrateurs

Entre 300 000 et 600 000 personnes s'adonnent à la chasse au Liban, de manière extrêmement chaotique, dans une région qui représente un couloir vital de passage pour les oiseaux migrateurs.

En migrant, les oiseaux arrivent généralement fatigués au Liban, après la traversée du désert du Sahara, et sont victimes de la chasse déréglementée.

C'est en 1994 que la décision de bannir la chasse au Liban a été rendue officielle malgré la vague de mécontentement général qui s'est ensuivie. Un chasseur habitué à pratiquer ce sport aux premiers abords de l'automne peut en effet difficilement s'abstenir d'une activité qui reste, pour beaucoup, une expression de force et un véritable plaisir. C'est donc de manière totalement illégale que la chasse au Liban s'est poursuivie sans la moindre régulation, au grand désarroi des écologistes qui affirment que la chasse responsable bénéficierait plus à l'environnement qu'une chasse chaotique.


Conscient de cet enjeu, le ministère de l'Environnement a élaboré en 2004 une loi qui a été mise en vigueur pour réglementer la chasse. Mis à part le fait qu'elle met en place un système d'examen et de licences pour les chasseurs et un calendrier de chasse, cette loi stipule que le ministre de l'Environnement se doit de déclarer ouverte la saison de chasse chaque année, faute de quoi elle resterait illégale. Et comme, depuis 2004, les ministres de l'Environnement n'ont jamais « ouvert » la saison de chasse, en attendant que tous les mécanismes demandés par la nouvelle loi soient mis en place, les chasseurs et amateurs ont vaqué à leur occupation illégalement et sans la moindre supervision, causant un désastre environnemental. En effet, le Liban occupe un point de passage important du couloir de migration des oiseaux, celui de la mer Rouge et de la vallée du Grand Rift. Dans l'espace aérien libanais, de nombreux oiseaux qui doivent être protégés sont abattus chaque année. Et selon le directeur de l'ONG BirdLife International, Richard Grimmett, qui se confiait hier à L'Orient-Le Jour lors d'une conférence à Beyrouth, « le Liban est au cœur du couloir, et la chasse chaotique au pays du Cèdre énerve des pays d'Europe et d'Afrique qui perdent leurs oiseaux ».


C'est dans ce contexte que le projet des oiseaux planeurs migrateurs (MSB) de l'UNDP-GEF et BirdLife International ont organisé hier à l'hôtel Coral Beach une cérémonie pour la signature d'une déclaration régionale de la chasse responsable, sous le patronage du ministère de l'Environnement et en présence de responsables du Haut Comité libanais de chasse. De proéminents chasseurs du Liban, de Jordanie, de Syrie, de Palestine, d'Égypte, du Yémen et d'Éthiopie ont signé ce pacte, adoptant ainsi un code des meilleures pratiques de chasse responsable et s'engageant à la protection des oiseaux migrateurs.


Le respect de la déclaration, expliquée par Nabekh Ghazal Assouad, de BirdLife, impose aux chasseurs, entre autres, de ne pas recourir à des outils de chasse tels que les pièges et les filets, à ne pas violer des réserves naturelles protégées, à tuer des oiseaux conformément à la quantité et au genre stipulé par un calendrier saisonnier de chasse, à respecter la proie dans ses zones de repos, à chasser loin des régions résidentielles et à ne pas tirer de manière spontanée sur un vol d'oiseaux, pour instaurer le concept d'une chasse durable pour les générations futures. De son côté, Salim Hmeidi, représentant le ministre sortant de l'Environnement Nazem el-Khoury, a assuré que le problème écologique de la chasse des oiseaux migrateurs doit mobiliser les efforts des chasseurs, du ministère, des clubs de chasse et de la société civile au Liban, mais aussi dans toute la région. Il a en outre affirmé que le ministre sortant Khoury ne contourne pas la loi en parrainant cette cérémonie, alors que la chasse est toujours illégale. « Nous respectons cette décision d'interdire la chasse, mais n'oublions pas qu'elle a été émise à l'époque pour empêcher l'expansion chaotique des armes et pour permettre la création de réserves naturelles. Il nous faut gérer nos problèmes écologiques en organisant la chasse, qui reste un vrai hobby », a-t-il déclaré, révélant que le ministre Khoury est prêt à prendre l'initiative pour la signature d'un pacte régional entre les gouvernements des États de la région pour organiser la chasse.

 

Cette initiative a été saluée par Oussama el-Nouri, coordinateur du projet MSB. Ce dernier a pour sa part mis en valeur les activités du projet, qui tente de raviver la chasse durable traditionnelle pour protéger les oiseaux de la vallée du Grand Rift, qui constitue le deuxième couloir de migration le plus important au monde et qui englobe onze pays dont le Liban.

 

Un round-up régional et mondial
La seconde partie de la conférence a ensuite été réservée à des chasseurs de Jordanie, du Liban, de Syrie, du Yémen et d'Égypte, qui ont tour à tour exposé la situation de la chasse dans leurs pays respectifs. Rami Barakat a ainsi déclaré que plus de 1 400 chasseurs parmi les 5 400 de Jordanie ne possèdent pas de licence de chasse, sans compter les chasseurs étrangers, ce qui fait empirer la situation écologique. En Jordanie, de plus, des lois strictes régulent la chasse, mais la licence de chasse peut être obtenue par n'importe quel citoyen possédant une arme.


De son côté, Walid Attar, chasseur syrien, a rappelé que la chasse a été bannie en 1994 en Syrie comme au Liban, et qu'elle n'a plus été permise depuis, ouvrant la voie à la chasse déréglementée. Au Yémen, pas de loi ni d'autorité régissant la chasse, à part quelques lois sur l'environnement et l'agriculture. Il n'y existe, en fait, aucune loi à propos de la possession d'armes. En Égypte, par contre, les lois régissant la chasse existent mais ne sont pas appliquées de façon effective sur le terrain, « et le trafic d'oiseaux va bon train », selon Mohammad al-Maghribi.


Pour sa part, Maher Osta, chasseur libanais, a déploré l'interdiction de la chasse pendant plus de 20 ans au Liban. « Nous, chasseurs professionnels, avons d'abord respecté cette décision, mais quand des amateurs qui ne comprenaient rien à la chasse ont commencé à chasser de manière chaotique dangereuse, nous avons jugé nécessaire de redescendre sur le terrain pour apprendre aux nouvelles générations les règles de cette activité », a-t-il dit, révélant qu'il existe entre 300 000 et 600 000 chasseurs au pays du Cèdre, un chiffre démesuré comparé à la largeur de son territoire. De son côté, Lara Samaha, directrice des systèmes écologiques au ministère de l'Environnement, a donné un bref aperçu du statut légal de la chasse au Liban et de la loi de 2004 qui réglemente le secteur à travers, entre autres, l'organisation d'examens de permis de chasse dans six clubs privés.


Enfin, Marilise Saghbini, responsable au sein de la Fédération des associations pour la chasse et la conservation au sein de l'Union européenne (FACE), a fait un exposé des activités de cette ONG qui représente plus de 7 millions de chasseurs et qui tente de faire campagne pour les pratiques de chasse durable en Europe. Elle a sur ce plan souligné que « tuer illégalement des oiseaux n'est pas chasser » et que « le chasseur peut contribuer énormément à la conservation et à la protection écologiques ».
La cérémonie a été clôturée par une discussion et un échange d'idées entre les différentes parties présentes.

 

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C'est en 1994 que la décision de bannir la chasse au Liban a été rendue officielle malgré la vague de mécontentement général qui s'est ensuivie. Un chasseur habitué à pratiquer ce sport aux premiers abords de l'automne peut en effet difficilement s'abstenir d'une activité qui reste, pour beaucoup, une expression de force et un véritable plaisir. C'est donc de manière totalement illégale que la chasse au Liban s'est poursuivie sans la moindre régulation, au grand désarroi des écologistes qui affirment que la chasse responsable bénéficierait plus à l'environnement qu'une chasse chaotique.
Conscient de cet enjeu, le ministère de l'Environnement a élaboré en 2004 une loi qui a été mise en vigueur pour réglementer la chasse. Mis à part le fait qu'elle met en place un système d'examen et de licences pour les...
commentaires (3)

QUAND LES PRÉDATEURS CHASSEURS LIBANAIS RESPECTERAIENT UN CODE DE LA CHASSE ET S'Y CONFORMERAIENT... CE SERAIT LE MIRACLE DES SIÈCLES ! TOUT CE QUI VOLE EST À ABATTRE EST LA DEVISE DE LA CHASSE AU LIBAN... TOUT SE MANGE EXCEPTÉ L'AVION !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 32, le 06 décembre 2013

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Commentaires (3)

  • QUAND LES PRÉDATEURS CHASSEURS LIBANAIS RESPECTERAIENT UN CODE DE LA CHASSE ET S'Y CONFORMERAIENT... CE SERAIT LE MIRACLE DES SIÈCLES ! TOUT CE QUI VOLE EST À ABATTRE EST LA DEVISE DE LA CHASSE AU LIBAN... TOUT SE MANGE EXCEPTÉ L'AVION !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 32, le 06 décembre 2013

  • Tout à fait d'accord qu'il est plus logique de réglementer la chasse que de l'interdire. Le problème, c'est qu'au Liban, il ne sert à rien d'édicter des lois si l'on n'a pas la volonté de les faire respecter. Le code de la route en est un exemple flagrant. En attendant, dans la Vallée Sainte, lieu censé être particulièrement protégé, des chasseurs continuent chaque jour à massacrer les oiseaux en toute impunité. et ce, à 100m d'un poste de gendarmerie!

    Yves Prevost

    07 h 39, le 06 décembre 2013

  • Signer des papiers est une chose, faire respecter la loi.... si elle existe ...! en est une autre ...un seul exemple parmi 10 000... Dans la foret de Broumana/Mar Chaya ,l'abattage d'oiseaux (je ne peux appeler cela de la chasse) est permanent...! du matin au soir et 7 jours sur 7... !il y a même des débiles ...qui tirent au fusil à répétition sur des petits passereaux....! comment faire cesser ce carnage ...?

    M.V.

    06 h 58, le 06 décembre 2013

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