La décision de placer toutes les forces de l'ordre à Tripoli sous le commandement de l'armée, pour une période de six mois, s'est attiré des commentaires divers de la part de la classe politique.
Concrètement, le général Jean Kahwagi a présidé hier, à Yarzé, une réunion de coordination de tous les directeurs de services de sécurité, en présence de l'avocat général près la cour d'appel p.i. Samir Hammoud. Les poursuites engagées contre certains meneurs de tranchées et barricades de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, ont été les premières conséquences de cette réunion.
Mis au défi par l'ex-général Achraf Rifi, le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, a affirmé à partir de Tripoli que son désistement n'était point envisagé. « J'adopte toujours une attitude positive, a-t-il dit. Nous devons assumer nos complètes responsabilités. Si mon désistement était bénéfique pour Tripoli, je serais le premier à le décider », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
« Le droit de l'État ne sera jamais abandonné, mais nous ne pouvons pas tout faire au même moment. Le plus important demeure le maintien de la sécurité et la mise en œuvre des mandats d'amener », a-t-il ajouté.
Et M. Mikati d'affirmer que l'armée jouit de la couverture politique de la part de toutes les parties, sans exception aucune, afin de remplir sa mission.
« Nous, les politiciens, affirmons qu'on n'assure la couverture politique à aucun malfaiteur, mais nous devons rester objectifs et convenir que les violations sont le fait de toutes les parties », a-t-il expliqué.
Et de conclure : « La décision est aux mains de l'armée. C'est cette dernière qui détermine le moment pour la prise des mesures nécessaires, dans le cadre de sa mission. L'armée fait partie de Tripoli. Elle protégera les habitants de cette ville. L'État ne sera pas indulgent ; il assumera ses responsabilités et se préserve le droit de poursuivre en justice ceux qui sont derrière les attentats contre les deux mosquées al-Taqwa et al-Salam. »
Démilitarisation
Pour sa part, au terme de sa réunion périodique à la Maison du Centre sous la présidence de son chef Fouad Siniora, le bloc parlementaire du Futur a appelé à la démilitarisation de Tripoli.
« La majorité écrasante du peuple réclame la paix et la stabilité du Liban, en particulier de Tripoli, a affirmé un communiqué du Futur. Les Libanais veulent l'application de la loi et appellent les instances concernées à sanctionner les criminels qui sont derrière le double attentat contre les mosquées al-Salam et al-Taqwa. L'armée devrait également démilitariser la ville, puis le Liban. L'autorité politique doit élaborer les plans nécessaires dans le but de réhabiliter les rues détruites et indemniser les sinistrés dans les meilleurs délais », ont assuré les participants.
Par ailleurs, le bloc a exhorté le président de la République, Michel Sleiman, et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, « à former un gouvernement neutre le plus rapidement possible pour ensuite relancer le dialogue sur les sujets controversés ».

