Toutes les parties concernées saluent la rapidité avec laquelle les services compétents ont réussi à découvrir l'identité des deux kamikazes qui ont accompli l'attentat contre l'ambassade d'Iran, le Libanais Abou Dahr et le Palestinien Mohammad. Les efforts se concentrent désormais sur la recherche de la partie qui se tient derrière eux, d'autant que l'enquête a montré qu'il s'agit d'un attentat sophistiqué avec un degré élevé de professionnalisme. Non seulement l'explosif utilisé est rare et très puissant, mais, de plus, il a été placé de manière à causer le maximum de dégâts, verticalement.
Autrement dit, l'objectif n'était pas, comme dans les attentats précédents dans la banlieue sud ou à Roueiss, de faire le plus grand nombre de victimes, mais de détruire autant que possible le bâtiment de l'ambassade d'Iran sur les têtes de tous ceux qui s'y trouvent, qu'ils soient diplomates ou agents sécuritaires. La charge explosive a donc été placée de manière à exploser vers le haut. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la camionnette de distribution d'eau n'a pas été endommagée par l'explosion, alors qu'elle se trouvait à proximité de la voiture piégée.
Une source de sécurité révèle qu'il est clair que les deux kamikazes appartenaient à la mouvance de cheikh Ahmad el-Assir qui continue de sévir entre le camp de Aïn el-Héloué et Tripoli, mais elle est convaincue que le rôle de cheikh el-Assir se limite à offrir aux extrémistes un environnement et un climat favorables, pour le compte d'autres groupes plus structurés et plus efficaces. Cheikh el-Assir a commencé comme un phénomène mi-sérieux, mi-drôle, toujours provocateur. Il a réussi à attirer les médias à travers sa personnalité spéciale et ses discours qui sortent du format habituel, mais au-delà du côté farfelu, il a servi de paravent à l'expansion des groupes takfiristes, à leur prolifération et à leur organisation en cellules destinées à accomplir des missions spécifiques.
(Eclairage : Trois foyers favorables aux groupes extrémistes au Liban)
La source de sécurité précise à ce sujet que les services concernés sont convaincus que le groupe « Brigades al-Azzam », dirigé par le Saoudien Majed al-Majed et ayant pour adjoint Toufic Taha, qui a revendiqué l'attentat de Bir Hassan, est lié au groupe de Fateh el-islam dirigé actuellement par Oussama Chéhabi et à celui de Jund al-Cham, mené par les frères Haytham et Mohammad Chalabi, ainsi qu'à un autre groupe dirigé par Bilal Badr. Tous ces groupes évoluent dans la mouvance d'el-Qaëda dont l'influence grandit à Aïn el-Héloué, mais aussi à Tripoli et à Ersal. La nébuleuse extrémiste étend désormais ses tentacules dans ces trois régions libanaises et elle est bien implantée en territoire libanais. Il est vrai qu'elle tente d'y avoir pignon sur rue depuis des années.
La première manifestation spectaculaire de sa présence a eu lieu en 1995 avec l'assassinat de cheikh Nizar al-Halabi des ahbaches, en plein Tarik Jdidé, à Beyrouth.
Avec effroi et stupéfaction, la justice libanaise a découvert l'existence au Liban de cellules formées de jeunes adeptes d'un islam obscurantiste et dur. Deux des assassins ont été condamnés à mort par pendaison et le Liban officiel avait cru en avoir fini avec ce phénomène. Mais il est réapparu pendant le réveillon 2000 à Denniyé, lorsqu'un groupe takfiriste a attaqué l'armée dans cette zone montagneuse, tuant sauvagement et par surprise un officier et des soldats (le même type d'attaque a été exécuté cet été contre l'armée à Ersal). En 2000, l'armée avait alors mené une bataille contre les combattants intégristes et bon nombre d'entre eux ont été arrêtés. Certains attendent encore d'être jugés parce que, prétextant trop de travail, les tribunaux n'ont pas encore été jusqu'au bout de ce dossier, alors que d'autres ont été libérés au fur et à mesure et forment de nouveaux noyaux durs qui prêchent dans les milieux défavorisés à Tripoli, notamment dans les quartiers de Bab el-Tebbané et de Qobbé.
Le Liban officiel n'a pourtant pas accordé l'intérêt qu'il fallait à ce phénomène, même après les combats de Nahr el-Bared en 2007 contre Fateh el-Islam, convaincu que les courants extrémistes ne peuvent pas constituer une menace au Liban parce que le fanatisme n'y trouve pas de terreau favorable. Avec la guerre en Syrie et la prolifération des mouvements extrémistes au sein de l'opposition syrienne, le Liban est malheureusement devenu une sorte de terre d'accueil pour le fanatisme islamiste, face à l'inertie des autorités. Aujourd'hui, les cellules sont organisées et structurées et communiquent entre elles par des canaux qui leur sont propres, dont certains passent par la prison de Roumié, au nez et à la barbe des forces de l'ordre. Les services de sécurité font de leur mieux pour les suivre et tenter de les démanteler, mais ils doivent bénéficier pour cela d'une couverture politique et confessionnelle claire. Ce qui est pratiquement impossible dans la division actuelle libanaise.
Selon la source de sécurité, il est faux d'affirmer que ces cellules se sont installées au Liban en réaction à la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, puisque cela fait des années que le courant fanatique islamiste tente de s'implanter au Liban. En se battant en Syrie, le Hezbollah mène une sorte de guerre préventive, mais il est déjà un peu tard, puisque les cellules sont actives au Liban. Les services de sécurité officiels s'emploient aujourd'hui à démonter leurs filières, en suivant notamment les canaux qui leur envoient des fonds et des armes. À cet égard, la mouvance el-Assir est examinée de près, mais elle n'a pas encore dévoilé tous ses secrets.
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Autrement dit, l'objectif n'était pas, comme dans les attentats précédents dans la banlieue sud ou à Roueiss, de faire le plus grand nombre de victimes, mais de détruire autant que possible le bâtiment de l'ambassade...


LOL !!! Vivement le prochain discours du barbu enterré qu'on rigole un bon coup.
01 h 05, le 28 novembre 2013