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Moyen Orient et Monde - Chine

Xi Jinping sur les pas de Deng Xiaoping ?

Le nouveau dirigeant veut placer les réformes économiques au centre de sa politique.

Le numéro un chinois Xi Jinping veut inscrire ses pas dans ceux de Deng Xiaoping. Jason Lee/Reuters

En se posant comme l’initiateur d’un ambitieux programme de réformes, le numéro un chinois Xi Jinping veut inscrire ses pas dans ceux de Deng Xiaoping, l’architecte de la modernisation de la Chine, sans transiger sur la fermeté du pouvoir central, analysent les experts.
Un an après avoir pris les rênes du Parti communiste et donc du pays, M. Xi, 60 ans, a conforté son autorité à l’issue d’une réunion politique importante qui a tracé la feuille de route de la nouvelle équipe dirigeante jusqu’en 2020. Le président et chef suprême de l’armée s’était jusque-là surtout distingué par son conservatisme.
Si le régime a annoncé des évolutions sociétales majeures – de l’assouplissement de la politique de l’enfant unique à la réduction de la peine de mort en passant par l’abolition du système décrié de la rééducation par le travail mis en place par Mao –, une grande partie des décisions visent à renforcer le rôle du marché dans l’économie.
Des réformes qui doivent permettre au parti tentaculaire de s’adapter aux transformations de la deuxième économie mondiale, à l’urbanisation et aux revendications croissantes de la population. Et qui ont fait s’envoler lundi la Bourse de Shanghai.
Dans une dépêche publiée hier, l’agence officielle Chine nouvelle a détaillé le processus d’élaboration de ces réformes, en insistant sur le fait que Xi Jinping avait dès le mois d’avril décidé de prendre la tête de l’équipe chargée de rédiger les avant-projets de ces réformes.
« C’était pour le moins inattendu », souligne Barry Naughton, spécialiste de l’économie de la Chine à l’université de Californie. « Il a dit : “Je suis le chef de l’équipe (planchant sur les chantiers de réforme)”. C’était une chose forte et sans équivoque, qu’il a tenu à affirmer. »
Dans le compte rendu en chinois de Chine nouvelle, le nom de Xi Jinping est mentionné 21 fois, contre pas une seule pour celui du Premier ministre, Li Keqiang.
Selon les experts, tout comme Deng Xiaoping – resté dans l’histoire comme le père de l’ouverture de la Chine –, Xi veut placer les réformes économiques au centre de sa politique.
Mais, comme Deng qui avait ordonné la répression dans le sang en 1989 des manifestations en faveur de la démocratie sur la place Tiananmen, Xi Jinping n’entend pas relâcher sa poigne sur le pays et sur l’appareil communiste, au sein duquel il affirme mener une opération anticorruption implacable.
« Xi Jinping semble d’une certaine façon penser qu’il pourra introduire un peu plus de supervision et de discipline dans le système politique actuel, avec une répression sévère de la corruption, le tout assorti de réformes économiques », analyse M. Naughton.
Xi avait d’ailleurs choisi fin 2012 la Zone économique spéciale de Shenzhen (Sud), ville symbole des réformes et de la réussite économique de la Chine, pour sa première sortie de Pékin. Deng, qui a dirigé la Chine de 1978 à 1992, avait fait de ce village de pêcheurs une gigantesque métropole et un laboratoire économique.
« Par certains aspects, il fait davantage du Deng Xiaoping que Deng lui-même », ajoute Barry Naughton.
Cependant, si les observateurs ont salué cette semaine des annonces ambitieuses, notamment en faveur du secteur privé, ils ont aussi relevé les incertitudes sur la mise en œuvre de ces chantiers, en doutant notamment d’une libéralisation politique.
« L’annonce de l’abolition du système de la rééducation par le travail vise à apaiser la population chinoise et le reste du monde vis-à-vis du parti, afin de renforcer sa légitimité », estime ainsi le sinologue Perry Link.
« Mais les dirigeants peuvent tout à fait continuer à utiliser le même système sous un nom différent, ou même sans autre nom. »
Pour l’instant Xi Jinping s’écarte du mode de gouvernance collégiale prôné par Deng Xiaoping, note de son côté l’expert Willy Lam, basé à Hong Kong.
« Xi Jinping semble avoir accumulé davantage de pouvoir que (l’ancien président) Jiang Zemin, même au faîte de son pouvoir lors des cinq dernières années de son mandat », a-t-il commenté. « C’est très particulier. »
(Source : AFP)

En se posant comme l’initiateur d’un ambitieux programme de réformes, le numéro un chinois Xi Jinping veut inscrire ses pas dans ceux de Deng Xiaoping, l’architecte de la modernisation de la Chine, sans transiger sur la fermeté du pouvoir central, analysent les experts.Un an après avoir pris les rênes du Parti communiste et donc du pays, M. Xi, 60 ans, a conforté son autorité à l’issue d’une réunion politique importante qui a tracé la feuille de route de la nouvelle équipe dirigeante jusqu’en 2020. Le président et chef suprême de l’armée s’était jusque-là surtout distingué par son conservatisme.Si le régime a annoncé des évolutions sociétales...
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