Le Hezbollah continue de soutenir qu’il n’a jamais approuvé la déclaration de Baabda, qui avait pourtant été approuvée par l’ensemble des parties libanaises.
Des sources responsables de cette formation ont ainsi réaffirmé hier à l’agence locale al-Markaziya, que le parti de Dieu et les forces du 8 Mars en général ont exprimé dès le départ leur opposition à ce document et « ont fait part de leurs réserves à ce sujet, à deux reprises, au président Michel Sleiman : la première fois, en novembre 2011, lorsqu’une délégation composée de six représentants du 8 Mars a visité le chef de l’État pour lui faire part des réserves de ce courant sur trois points fondamentaux : l’équation armée-peuple-résistance qui ne figure pas dans le texte, le rôle de l’armée qui n’y est pas mentionnée, ainsi que la résolution 1701 qui gère les rapports entre le Liban et Israël au niveau des frontières sud seulement et non pas sur l’ensemble des frontières, notamment nord avec la Syrie ».
« Ce jour-là, le chef de l’État avait déclaré que le document n’en était qu’à sa première mouture et qu’il pouvait faire l’objet d’un débat, en promettant de prendre en considération nos remarques », ont ajouté les sources, avant d’expliquer qu’en 2012, durant la conférence de dialogue, le Hezbollah avait réitéré les mêmes réserves et que « le président avait répété les mêmes paroles ». « Dire que nous étions d’accord avec le texte est faux », ont poursuivi les mêmes sources qui n’ont pas donné de motifs clairs aux raisons pour lesquelles le 8 Mars avait boycotté la conférence de samedi au Phoenicia sur la déclaration de Baabda et l’indépendance. « Les invitations avaient été adressées de pure forme aux ministres et aux députés », selon ces mêmes sources qui ont considéré comme étant déplacées « les accusations d’escalade verbale lancées contre le Hezbollah ». « Nous avons le droit d’exprimer nos positions politiques par les moyens que nous jugeons les plus appropriés, sans porter préjudice à qui que ce soit », ont-elles affirmé, tout en se disant prêtes au dialogue avec toutes les parties libanaises pour consolider la stabilité libanaise.
Mais ces explications sont loin de convaincre les adversaires politiques du Hezbollah. « Le problème réside dans le fait que le parti de Dieu a perdu toute crédibilité, qu’il a bel et bien cosigné la déclaration de Baabda, avant de faire machine arrière lorsqu’une occasion s’est présentée pour qu’il puisse s’y dérober », a ainsi commenté le député Ahmad Fatfat. « Pire encore. Il entre en conflit avec l’autorité suprême du pays, ce qui dénote le peu de cas que cette formation fait des institutions officielles », a-t-il poursuivi au moment où son collègue, Jamal Jarrah, estimait que le Hezbollah « essaie tout simplement de trouver des prétextes à son intervention militaire en Syrie ». « Cette formation ne veut tout simplement pas qu’une institution constitutionnelle puisse être dynamique et capable de gérer le pays », a-t-il dit.
Liban
Sleiman et les réserves du Hezbollah et de Aoun sur la déclaration de Baabda
OLJ / le 19 novembre 2013 à 00h00


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