Les Serbes de Kosovska Mitrovica retournaient voter hier, sous haute surveillance policière, aux municipales kosovares renouvelées après l’annulation du scrutin du 3 novembre dans cette ville en raison de violences commises par des Serbes opposés à la participation à ce vote. Des mesures exceptionnelles de sécurité ont ainsi été prévues pour ce scrutin. Des policiers antiémeute dont certains armés de fusils automatiques ainsi que des véhicules blindés étaient déployés aux principaux carrefours dans Mitrovica, où se déroule le vote. Une unité de la KFOR composée de quatre transporteurs de troupes blindés équipés de canons de petit calibre ainsi que cinq camions et plusieurs véhicules tout-terrain militaires étaient stationnés à l’entrée nord de Mitrovica.
À 14h00 GMT, soit huit heures après le début du vote, le taux de participation était de 16,39 %, selon la Commission électorale.
« J’ai voté pour un avenir meilleur. J’ai voté car le gouvernement (serbe de Belgrade) nous a encouragés à le faire », a dit Persa Jankovic, une femme âgée de 69 ans.
Rakic Dragan, 34 ans, avoue avoir été pressé par son employeur de remplir son devoir électoral. « C’est ce qu’on m’a dit de faire dans mon entreprise. C’est peut être mieux comme ça. Si nous votons, Belgrade ne nous oubliera pas », estime-t-il.
« Décisions sages »
Les nationalistes serbes hostiles à la participation des Serbes au scrutin, omniprésents devant les bureaux de vote le 3 novembre, n’étaient pas visibles hier. Il y a deux semaines, des extrémistes serbes cagoulés avaient fait irruption dans ces trois bureaux de vote plus d’une heure avant leur fermeture. Ils ont agressé les votants et détruit les urnes, ce qui a conduit à l’annulation du scrutin. En revanche, dans les trois autres municipalités du nord du Kosovo, une région limitrophe de la Serbie où les quelque 40 000 Serbes qui y habitent sont largement majoritaires et où Pristina n’exerce pratiquement aucun contrôle, le vote, le premier organisé par Pristina auquel ils participaient depuis l’indépendance du Kosovo en 2008, a été validé.
Belgrade, qui espère ouvrir prochainement des négociations d’adhésion à l’UE, avait encouragé les Serbes du Kosovo à participer à ces municipales qui doivent se traduire par la mise en place d’une « Association des municipalités serbes ». Cette association incarnera le degré d’autonomie prévu pour les Serbes par l’accord conclu en avril à Bruxelles par Belgrade et Pristina sous le parrainage de l’UE. Elle remplacera les institutions de l’État serbe dans le nord du Kosovo, dont la présence est considérée comme illégale aussi bien par Pristina que par les puissances occidentales.
« La Serbie ne peut pas vous aider avec des chars et des armes (...). Aujourd’hui nous ne pouvons gagner (...) qu’en prenant des décisions sages. L’avenir dépend de vous », avait déclaré vendredi le Premier ministre serbe Ivica Dacic venu à Mitrovica exhorter ses compatriotes à participer au vote.
(Source : AFP)

