Le détail des comptes nationaux ne donne aucun motif de satisfaction. Les dépenses de consommation des ménages ont peu progressé (+0,2 % t/t) et se situent en volume au même niveau qu’il y a deux ans. Le choc fiscal est passé par là. La consommation publique se porte (hélas) toujours bien, en hausse de 1,7 % sur un an, soit au-dessus de sa moyenne historique (1,6 % par an). Dans le climat actuel de résistance à l’impôt, sous une forme explicite (protestations) ou implicite (travail dissimulé), on voit mal comment un tel rythme pourrait être maintenu sans compromettre les objectifs budgétaires. Les exportations ont lourdement chuté (-1.5 % t/t). Enfin, et c’est le plus inquiétant, les dépenses d’investissement continuent de se contracter chez les entreprises et les ménages. Les entreprises affichent un taux de marge de 28,2 %, proche du point bas absolu. Or, comme le taux d’investissement n’est pas anormalement bas (19 %, contre 19,9 % en moyenne sur vingt ans), cela laisse peu de place pour un quelconque rattrapage. L’investissement immobilier des ménages enchaîne son septième trimestre de baisse, s’ajoutant à deux années de contraction en 2008 et 2009. Là encore, l’incertitude fiscale n’aide pas. Avec tout le respect dû à sa fonction, corrigeons donc le président : « La reprise n’est pas encore là. »
Économie
Pas encore de vraie reprise en France
OLJ / le 16 novembre 2013 à 00h00
Le détail des comptes nationaux ne donne aucun motif de satisfaction. Les dépenses de consommation des ménages ont peu progressé (+0,2 % t/t) et se situent en volume au même niveau qu’il y a deux ans. Le choc fiscal est passé par là. La consommation publique se porte (hélas) toujours bien, en hausse de 1,7 % sur un an, soit au-dessus de sa moyenne historique (1,6 % par an). Dans le climat actuel de résistance à l’impôt, sous une forme explicite (protestations) ou implicite (travail dissimulé), on voit mal comment un tel rythme pourrait être maintenu sans compromettre les objectifs budgétaires. Les exportations ont lourdement chuté (-1.5 % t/t). Enfin, et c’est le plus inquiétant, les dépenses d’investissement continuent de se contracter chez les entreprises et les ménages. Les entreprises affichent un taux de marge de 28,2 %, proche du point bas absolu. Or, comme le taux d’investissement n’est pas anormalement bas (19 %, contre 19,9 % en moyenne sur vingt ans), cela laisse peu de place pour un quelconque rattrapage. L’investissement immobilier des ménages enchaîne son septième trimestre de baisse, s’ajoutant à deux années de contraction en 2008 et 2009. Là encore, l’incertitude fiscale n’aide pas. Avec tout le respect dû à sa fonction, corrigeons donc le président : « La reprise n’est pas encore là. »


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