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Économie

Pas encore de vraie reprise en France

Quand un responsable politique s’aventure sur le terrain glissant de la prévision économique, on ne sait jamais s’il a des informations privilégiées, si son discours relève du volontarisme inhérent à sa fonction ou bien encore s’il veut absolument courir le risque (bien assumé par quiconque exerce le métier d’économiste) de faire de grossières erreurs. Le 14 juillet dernier, jour de la fête nationale, François Hollande avait affirmé que « la reprise est là ». Les comptes nationaux du T2, parus en août, semblaient lui donner raison : le PIB avait bondi de 0.5 %. De fait, une fois disparus les effets positifs temporaires visibles au T2, la croissance française est retombée. Au T3, le PIB réel s’est contracté de 0,1 %. Pour l’anecdote, on notera que l’estimation du rythme de croissance à la troisième décimale (-0,149 %) permet d’éviter l’infamie d’un chiffre arrondi à -0.2 %.
Le détail des comptes nationaux ne donne aucun motif de satisfaction. Les dépenses de consommation des ménages ont peu progressé (+0,2 % t/t) et se situent en volume au même niveau qu’il y a deux ans. Le choc fiscal est passé par là. La consommation publique se porte (hélas) toujours bien, en hausse de 1,7 % sur un an, soit au-dessus de sa moyenne historique (1,6 % par an). Dans le climat actuel de résistance à l’impôt, sous une forme explicite (protestations) ou implicite (travail dissimulé), on voit mal comment un tel rythme pourrait être maintenu sans compromettre les objectifs budgétaires. Les exportations ont lourdement chuté (-1.5 % t/t). Enfin, et c’est le plus inquiétant, les dépenses d’investissement continuent de se contracter chez les entreprises et les ménages. Les entreprises affichent un taux de marge de 28,2 %, proche du point bas absolu. Or, comme le taux d’investissement n’est pas anormalement bas (19 %, contre 19,9 % en moyenne sur vingt ans), cela laisse peu de place pour un quelconque rattrapage. L’investissement immobilier des ménages enchaîne son septième trimestre de baisse, s’ajoutant à deux années de contraction en 2008 et 2009. Là encore, l’incertitude fiscale n’aide pas. Avec tout le respect dû à sa fonction, corrigeons donc le président : « La reprise n’est pas encore là. »
Quand un responsable politique s’aventure sur le terrain glissant de la prévision économique, on ne sait jamais s’il a des informations privilégiées, si son discours relève du volontarisme inhérent à sa fonction ou bien encore s’il veut absolument courir le risque (bien assumé par quiconque exerce le métier d’économiste) de faire de grossières erreurs. Le 14 juillet dernier, jour de la fête nationale, François Hollande avait affirmé que « la reprise est là ». Les comptes nationaux du T2, parus en août, semblaient lui donner raison : le PIB avait bondi de 0.5 %. De fait, une fois disparus les effets positifs temporaires visibles au T2, la croissance française est retombée. Au T3, le PIB réel s’est contracté de 0,1 %. Pour l’anecdote, on notera que l’estimation du rythme de croissance à la...
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