Le dimanche 10 novembre, Benjamin Netanyahu a tenu son Conseil des ministres dans un kibboutz du désert du Néguev. Pour le souvenir, les ministres se sont fait photographier en groupe. Tard mardi soir, face au tollé international, le gouvernement israélien a dû faire marche arrière concernant un immense projet de plus de 20 000 logements dans les colonies de Cisjordanie occupée. David Buimovitch/AFP
Le Premier ministre israélien a dû publiquement désavouer, tard mardi soir, son ministre du Logement Uri Ariel qui avait lancé, « sans coordination préalable », un plan de construction de 20 000 logements dans les colonies de Cisjordanie occupée, un chiffre record. L’annonce de M. Ariel, un dirigeant du Foyer juif, parti d’extrême droite proche du lobby des colons, a soulevé les critiques des États-Unis, qui répètent que la colonisation est « illégitime », et la colère des Palestiniens qui ont menacé de mettre fin aux négociations de paix. L’ONU à son tour, par la voix de son coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a fait part de son « inquiétude croissante » en raison de l’accélération de la colonisation qui « ne saurait répondre à l’objectif d’une solution négociée à deux États (israélien et palestinien) ».
« Cette action provoque une confrontation non nécessaire avec la communauté internationale au moment où nous nous efforçons de persuader des membres de la même communauté de parvenir à un meilleur accord avec l’Iran », a reconnu M. Netanyahu. Ce n’est d’ailleurs pas tant le principe même du projet de bâtir en Cisjordanie – sur lequel il y a un consensus au sein de la droite nationaliste au pouvoir – qui est remis en cause que le choix du moment. Un proche de M. Netanyahu, le ministre des Affaires stratégiques Youval Steinitz, a ainsi appelé hier à une poursuite de la colonisation « de façon intelligente et coordonnée ». M. Netanyahu « a raison lorsqu’il dit que dans une période aussi sensible, alors que nous essayons de persuader les Américains, les Européens et les Russes de corriger l’accord tellement problématique avec l’Iran, les choses doivent se faire en coordination avant tout avec le Premier ministre », a plaidé M. Steinitz.
Opposition « hystérique »
Le Premier ministre israélien est engagé dans un bras de fer avec le secrétaire d’État américain John Kerry sur le programme nucléaire controversé de l’Iran, le premier accusant le second de vouloir conclure à tout prix « un très mauvais accord » avec Téhéran, en dépit des assurances américaines de ne jamais laisser l’Iran se doter de l’arme atomique.
De ce fait, M. Netanyahu s’est attiré les critiques de l’influent New York Times qui, dans un éditorial au vitriol publié mardi, l’accuse d’engendrer une opposition « hystérique » aux efforts des puissances occidentales pour sceller un accord avec le régime iranien.
« Il n’y a pas seulement deux options sur l’Iran, un mauvais accord ou une guerre. C’est faux. Il y a une troisième option, à savoir continuer à faire pression avec les sanctions », a toutefois insisté hier M. Netanyahu. « Il n’y a aucune raison de se soumettre aux diktats de l’Iran ni de se précipiter. J’irais jusqu’à dire qu’un mauvais accord pourrait amener la seconde option indésirable (la guerre) », a-t-il ajouté. « Il est possible de parvenir à un bon accord et démanteler la capacité nucléaire militaire iranienne. Mais on n’y arrivera pas avec la proposition qui est discutée actuellement à Genève », a-t-il conclu.
(Source : AFP)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
SIMPLE ÉCRAN DE FUMÉE !
05 h 11, le 15 novembre 2013