Le littoral de Tyr. Photo site Web Yasour
L’affaire a été soulevée par le site Web « Yasour ». Lequel dénonce haut et fort l’autorisation donnée par le ministère des Travaux publics à un entrepreneur d’extraire le sable du port historique de Tyr. Et ce après une demande présentée en 2009 auprès du ministère du Tourisme par le propriétaire d’un restaurant touristique situé à proximité du port historique de la ville, afin d’extraire le sable accumulé qui rétrécit la zone de baignade.
Le site « Yasour » ne mâche pas ses mots. Il accuse carrément le ministère des Travaux publics d’avoir autorisé l’entrepreneur concerné à extraire le sable du littoral sud de la ville de Tyr, « sous prétexte de nettoyer le bassin du Rest House de Tyr ». Il lui a également donné « le droit de vendre ce sable, chose qui préoccupe fortement les habitants de la ville côtière ». « Les Tyriens flairent un marché douteux qui vise à voler le sable du littoral sud de la ville et à le revendre », note encore le site. « Ce qui provoquera des dégâts environnementaux et biologiques énormes, et portera atteinte à Tyr pour des générations entières. » « Yasour » affirme pourtant qu’une solution de rechange existe, consistant « à draguer le sable de la plage vers le large, sans endommager le site ». Une solution dont « les coûts sont estimés à 35 000 dollars ».
Menace d’escalade
Réagissant à l’affaire qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, les associations de protection de Tyr sont montées au créneau. Elles ont tenu une réunion, hier, au siège de l’Association de solidarité culturelle et sociale à Tyr, sous la houlette du vice-président de l’Association al-Tadamon, Youssef Khadra. Une réunion à l’issue de laquelle elles se sont catégoriquement opposées à toute forme d’extraction du sable, à son transport et à sa vente. « Ce qui se déroule est la preuve d’un marché qui fera de Tyr la victime principale », ont-elles assuré. Elles ont surtout appelé la municipalité de Tyr à « prendre ses responsabilités de protéger la ville et à adopter une position ferme et sans équivoque, et à refuser ce marché ».
Le recours à l’escalade est une option sérieuse, au cas où la décision du ministère des Travaux publics n’est pas immédiatement annulée. C’est ce que laissent entendre les représentants des associations. « Nous ne pouvons en aucun cas nous taire sur l’atteinte au littoral et au sable de Tyr », ont-ils dit. Avant d’annoncer, outre leur refus catégorique de l’extraction du sable du littoral, leur volonté d’empêcher personnellement la moindre tentative de transport et de vente du sable. « S’il le faut, nous empêcherons les camions de passer et couperons les routes avec nos corps nus », ont-ils promis. Les participants ont aussi invité la municipalité de Tyr à adopter une décision « interdisant le transport du moindre grain de sable à l’extérieur de la ville, quelles que soient les circonstances », et à « porter plainte auprès du Conseil d’État au nom des habitants de la ville de Tyr contre le ministère des Travaux publics et des Transports ». Et ce afin de pousser ce ministère à revenir sur sa décision.
Parmi les participants, on note le responsable de la communication de l’association Yasour, Haïtham Chahbane, le vice-président de l’Association des commerçants de Tyr, Ahmad Jbeily, le président du syndicat des pêcheurs de Tyr et du Sud, Khalil Taha, le président du Club culturel de Tyr, Omar Khaled, le vice-président de la Rencontre sportive et culturelle de la jeunesse, Fady Soueidane, ainsi que le président de l’Association Tyr héritage et développement, Mounir Badaoui.
Réagissant à son tour aux remous suscités par le dossier, le président de la municipalité de Tyr, Hassan Dabbouk, a affirmé, lors d’une conférence de presse, son refus catégorique de l’extraction du sable du port historique de Tyr. Une opération qui « aura des répercussions néfastes sur l’environnement et les vestiges archéologiques situés dans les fonds », a-t-il expliqué. Avant de demander au ministre concerné (des Travaux publics) d’annuler la décision autorisant l’extraction du sable.
Affaire à suivre. D’autant que l’émigré Khalil Zein, dénommé Abou Mohammad et fervent défenseur de sa ville d’origin, s’est engagé dans un communiqué à prendre en charge l’opération de « nettoyage » du bassin du Rest House de Tyr,
autrement dit de draguer le sable en excédent depuis le littoral vers les eaux profondes.
Pour mémoire
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Mais ces gens là, monsieur, se foutent du Liban, de son histoire, de ses vestiges archéologiques comme de leur première paire de chaussettes...plus ils détruisent ce pays, plus ils sont contents.
10 h 25, le 13 novembre 2013