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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Entre échec et optimisme, en attendant le 20 novembre...

Israël, toujours aussi sceptique, va envoyer son ministre de l’Économie à Washington pour expliquer au Congrès les raisons de son opposition à un accord avec Téhéran.
Téhéran a rejeté hier les accusations du secrétaire d’État américain, John Kerry, selon lesquelles l’Iran était responsable de l’absence d’accord lors des négociations nucléaires de Genève. La veille, M. Kerry avait en effet déclaré que « le groupe des 5+1 était unifié samedi (dernier jour des négociations) lorsque nous avons présenté notre proposition aux Iraniens (...), mais à ce moment particulier, l’Iran n’était pas en mesure d’accepter », a-t-il déclaré.
D’après une source diplomatique et un responsable européen à Washington, le principal point de blocage a résidé dans la volonté de l’Iran d’obtenir une reconnaissance officielle d’un « droit » à l’enrichissement d’uranium, ce que les pays occidentaux ont refusé. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’est empressé de répondre à ces critiques sur son compte Twitter en interpellant M. Kerry de la sorte : « Monsieur le secrétaire d’État, est-ce l’Iran qui a vidé jeudi soir le texte des Américains de sa moitié et a fait vendredi matin des commentaires publics contre? » faisant allusion aux déclarations du chef de la diplomatie française Laurent Fabius. Ce dernier, qui s’était rendu à Genève vendredi, avait fait état d’« avancées » tout en ajoutant que « rien n’est encore acquis ». Le lendemain, il ajoutait : « Il y a un texte initial que nous n’acceptons pas », se mettant à dos médias et responsables iraniens qui ont accusé la France d’avoir fait échouer un accord à cause de son intransigeance.
La Russie, alliée de Téhéran, a également rejeté les accusations de M. Kerry en affirmant que Téhéran n’était pas responsable de l’absence d’accord. « Une telle interprétation simplifie à l’extrême et déforme même l’essence de ce qui s’est passé à Genève », a déclaré une source au ministère russe des Affaires étrangères.
L’Iran et le groupe 5+1 (France, Royaume-Uni, Russie, États-Unis, Chine et Allemagne) doivent se retrouver de nouveau à Genève le 20 novembre pour continuer les discussions. Les responsables des différents pays ont déclaré qu’un accord était toujours possible. Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a ainsi affirmé lundi que la plupart des différends « sont maintenant ténus et beaucoup d’autres ont été réglés pendant les négociations ». Même M. Fabius a déclaré que l’Iran et les grandes puissances n’étaient « pas loin d’un accord ».

Rassurer les Arabes
M. Zarif a également affirmé ces derniers jours que l’Iran cherchait toujours un accord tout en ajoutant qu’il ne céderait pas sur les « lignes rouges » du pays : son droit à faire de l’enrichissement d’uranium sur son sol et le maintien de son programme nucléaire, notamment le réacteur d’Arak, qui doit remplacer à terme celui de Téhéran pour produire des radio-isotopes pour les malades du cancer. Or, la France a précisément demandé l’arrêt des travaux pour la construction du réacteur d’Arak, qui doit entrer en fonction dans un an et qui pourrait à terme produire également du plutonium, utilisable dans la fabrication de l’arme atomique.
M. Zarif a également voulu rassurer les pays arabes de la région, inquiets de l’amorce d’un dégel entre Washington et Téhéran qui cherche à se rapprocher de l’Occident depuis l’élection du président modéré Hassan Rohani en juin. « Ces négociations portent sur la question du nucléaire iranien et non sur les relations entre l’Iran et les États-Unis. Je ne sais pas pourquoi certains pays voisins du golfe Persique se sont inquiétés subitement », a-t-il déclaré en allusion à l’Arabie saoudite, notamment, qui entretient plusieurs différends avec l’Iran, en particulier sur le conflit syrien. « Ils doivent être satisfaits que l’Iran, en tant que grand frère des pays de la région, veuille régler les problèmes régionaux », a-t-il ajouté à la télévision iranienne lundi soir. En revanche, « le régime sioniste est à juste titre contre les négociations car ses intérêts et son existence sont liés à la création de tensions dans la région », a-t-il lancé en faisant référence aux déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a dénoncé tout accord avec l’Iran.

« Calmer le jeu »
Le gouvernement israélien va d’ailleurs envoyer son ministre de l’Économie, Naftali Bennett, à Washington pour expliquer aux élus du Congrès les raisons de son opposition à un accord sur le nucléaire iranien. M. Bennett, qui fait partie du courant ultranationaliste au sein du cabinet israélien, entend rencontrer jeudi les chefs de file du Sénat et de la Chambre des représentants, notamment Éric Cantor, chef de la majorité républicaine à la Chambre qui a estimé qu’un accord avec Téhéran n’aurait de valeur que s’il comprenait un arrêt total du programme nucléaire iranien, ainsi que le sénateur républicain John McCain qui s’est régulièrement élevé contre tout assouplissement des sanctions.
C’est dans ce cadre-là que le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a affirmé hier qu’il était temps de « calmer le jeu » avec les États-Unis concernant l’accord en gestation sur le nucléaire iranien, faisant allusion à la montée de ton de ces derniers jours entre les deux alliés. Le ministre a ainsi rappelé que « les relations avec les États-Unis sont une clé de voûte (pour Israël) et sans elles nous ne pouvons pas manœuvrer dans l’arène mondiale ».
(Sources : agences)
Téhéran a rejeté hier les accusations du secrétaire d’État américain, John Kerry, selon lesquelles l’Iran était responsable de l’absence d’accord lors des négociations nucléaires de Genève. La veille, M. Kerry avait en effet déclaré que « le groupe des 5+1 était unifié samedi (dernier jour des négociations) lorsque nous avons présenté notre proposition aux Iraniens (...), mais à ce moment particulier, l’Iran n’était pas en mesure d’accepter », a-t-il déclaré.D’après une source diplomatique et un responsable européen à Washington, le principal point de blocage a résidé dans la volonté de l’Iran d’obtenir une reconnaissance officielle d’un « droit » à l’enrichissement d’uranium, ce que les pays occidentaux ont refusé. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad...
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