Le chef de l’Église maronite a regagné hier Beyrouth au terme d’une visite au Vatican où il a participé à l’assemblée plénière du Tribunal suprême de la Signature apostolique, juridiction supérieure du Saint-Siège. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre sortant du Travail, Sélim Jreissati, représentant le président de la République, le président du Conseil maronite central, Wadih el-Khazen, le vicaire patriarcal, Mgr Boulos Sayyah, MM. Élie Sfeir et Philippe Tarabay et un grand nombre de prêtres.
Après avoir exposé l’objectif de sa visite au Vatican, le patriarche a souligné la consternation du pape François devant ce qui se passe en Syrie, au Liban et dans la région, et fait part de ses prières pour un rétablissement de la paix.
À la question de savoir s’il a invité le souverain pontife au Liban, Mgr Raï a répondu : « Nous ne pouvons pas l’inviter actuellement. Notre vie au Liban relève du miracle. C’est la providence qui nous protège étant donné la situation qui prévaut au plan de la sécurité et la prolifération des armes aux mains de la population. » « Pour n’importe quel prétexte les routes sont coupées et la vie est paralysée. Pour pouvoir accueillir quelqu’un, nous devons préparer le pays pour qu’il soit de nouveau hospitalier », a-t-il déclaré.
Prié ensuite de commenter la nouvelle déclaration du président Michel Sleiman qui a réaffirmé son opposition à une prolongation de son mandat, Mgr Raï a estimé que le chef de l’État qui, « en prêtant serment, a promis de protéger la Constitution, ne peut pas violer ses dispositions ou les amender à des fins personnelles ». « La grandeur d’un chef d’État se mesure à son détachement du privé et c’est ce que le président Sleiman est en train de montrer. Nous le soutenons de toute notre force », a-t-il poursuivi en exprimant le souhait que la présidentielle aura lieu dans les délais constitutionnels « pour préserver le Liban et l’alternance au pouvoir qui reste fondamentale dans la mesure où elle représente un des principaux aspects de la démocratie ». « Si nous la perdons, nous aurons tout perdu », a insisté le chef de l’Église maronite qui a déploré dans ce cadre « l’initiative des députés de prolonger leur mandat sans en référer au peuple, ainsi que la paralysie du Conseil constitutionnel ».
« Ces pratiques ne correspondent pas à la nature et à la culture libanaises », a-t-il regretté, en encourageant le chef de l’État à continuer d’insister pour l’élaboration d’une loi électorale juste et équitable, pour l’organisation des législatives et la mise en place d’un nouveau gouvernement, capable de faire face aux nombreux défis auxquels le pays est confronté.


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