Les combats ont eu lieu dans plusieurs quartiers du centre-ville. Les Tripolitains ont vécu dans la peur durant la nuit, entendant des coups de feu nourris et des tirs aux armes lourdes. Des balles perdues ont atterri dans plusieurs habitations. « C’était l’horreur hier soir. Une roquette a atterri dans la chambre à coucher de notre voisin. Heureusement que personne n’y était », a déclaré Khadija, une femme d’une quarantaine d’années qui faisait ses courses chez le boucher du quartier de Hay al-Andalous près du centre-ville.
Les affrontements se sont produits après la mort jeudi, des suites de ses blessures, du chef d’une milice de Misrata, Nourri Friwan, qui avait été blessé mardi soir à un barrage tenu par une brigade d’ex-rebelles de Soug al-Jomaa, un quartier situé dans l’est de Tripoli. Pour venger sa mort, des miliciens venus de Misrata à bord de véhicules équipés de canons antiaériens se sont dirigés vers Soug al-Jomaa, fermant la route principale qui mène à ce quartier, selon des témoins. Des échanges de coups de feu et des explosions ont été entendus en particulier autour de l’hôtel Radisson, où résident plusieurs diplomates et hommes d’affaires étrangers. Des impacts de balles étaient visibles hier sur l’hôtel et des vitres ont volé en éclat. Toutefois, aucune victime n’était à déplorer, selon un responsable de l’établissement.
Hier, jour de prière hebdomadaire, la situation était retournée à la normale à Tripoli, et le marché aux animaux, qui se tient sur une place où des combats avaient eu lieu la veille, grouillait de monde. Aucune présence des forces de sécurité ou d’hommes armés n’était visible dans la ville. Ces affrontements devraient aggraver l’exaspération des Tripolitains, qui protestent régulièrement contre la présence de factions armées venues d’autres localités. Les autorités de transition ont sommé à plusieurs reprises ces milices de quitter la capitale, en vain.
« La situation devient de plus en plus critique », a averti un diplomate occidental. « Ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y a eu aucune réaction officielle. Les autorités se contentent jusqu’ici d’un rôle de spectateur, ce qui illustre leur faiblesse et leur incapacité à gérer le pays », a-t-il dit sous le couvert de l’anonymat.
(Source : AFP)

