Dans la journée d’hier, le Parti arabe démocratique (PAD, alaouite et pro-Assad) a renoncé à la manifestation qu’il entendait organiser demain, vendredi, dans la capitale du Nord. Cette décision, convient-il de signaler, intervient après le refus du ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, d’autoriser la marche projetée par le PAD. L’annulation de cette manifestation élimine, à l’évidence, les risques de dérapage sécuritaire dans la ville, mais peut-être pas pour longtemps, car les parents et familles des victimes tombées lors des attentats qui ont visé il y a quelques semaines deux mosquées sunnites de Tripoli ont décidé d’organiser dimanche prochain un rassemblement au stade Rachid Karamé. Ce rassemblement ne s’accompagnera pas d’une manifestation, mais sa tenue pourrait être marquée par des incidents si l’État ne prend pas les mesures préventives adéquates et si les parties adverses ne font pas montre d’un minimum de sagesse.
Rappelons que des cadres du PAD sont accusés d’être à l’origine des deux attentats perpétrés contre les deux mosquées sunnites de Tripoli, et le leader alaouite du Nord et chef du PAD, l’ancien député Ali Eid, fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir facilité la fuite en Syrie de l’un des instigateurs présumés des deux attentats en question. Eid refuse toutefois de comparaître devant les enquêteurs. Face à cette attitude, le « Rassemblement national islamique », réuni hier soir au domicile du député Mohammad Kabbara, à Tripoli, en présence des députés Mouïn Merhebi et Khaled Daher et du président du rassemblement des ulémas musulmans, cheikh Salem Rafeï, a vivement condamné le « laxisme » de l’État au niveau des mesures qui devraient être adoptées à l’encontre de la partie responsable des deux attentats de Tripoli (en l’occurrence le PAD). Le rassemblement a notamment dénoncé le fait que l’État s’abstienne de dissoudre le PAD, rappelant à ce sujet que les deux attentats ont fait non moins de 50 tués et 500 blessés.
De son côté, un responsable du PAD a dénoncé, dans une déclaration à la MTV, ce qu’il a qualifié de « harcèlement dont sont la cible les cadres, les étudiants et les ouvriers du parti » à Tripoli.

