À l’Université du Caire, et pendant que Mohammad Morsi assiste à son premier jour de procès, ses supporters déroulent une affiche représentant le président déchu accompagné de la phrase « Non au procès, la volonté du peuple ». Mohammad el-Shahed/AFP
« Si les Frères musulmans pensaient qu’ils pourraient encore continuer à faire pression longtemps, cette idée a été balayée lundi », renchérit Hisham Kassem, analyste politique indépendant. Outre le fait qu’ils sont privés de la quasi-totalité de leur direction, emprisonnée, « les Frères musulmans ont perdu le soutien de la majorité de la population », note M. Nafaa.
« Déconnecté de la réalité »
Face à la répression qui a suivie la destitution de M. Morsi le 3 juillet et durant les quatre mois de détention au secret du président déchu, ses partisans n’ont cessé de répéter qu’il pouvait encore revenir à son poste et, hier, l’ensemble de la presse égyptienne, qui dénonce le « terrorisme » de la confrérie et soutient massivement l’armée, soulignait que durant son procès pour « incitation au meurtre » de manifestants, M. Morsi avait répété « 11 fois “je suis le président” » et mentionné à « 21 reprises, sa “légitimité” », obtenue dans les urnes en juin 2012.
« La position des Frères musulmans est déconnectée de la réalité, mais l’attitude de défi (qu’ils ont adoptée lors du procès) doit être notée et pourrait galvaniser leurs partisans », affirme Shadi Hamid, chercheur au Brooking Doha Center.
Mais pour Karim Bitar, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques, « la stratégie de Morsi n’est guère tenable dans la durée car, si elle a le mérite de la constance, elle n’est guère audible au-delà des milieux des Frères ». Et c’est pour cette raison que les islamistes ont été « incapables, contrairement à leurs affirmations, de rassembler dans le mouvement
anti-coup d’État des Égyptiens issus d’autres mouvances que la leur ».
Et alors qu’à l’étranger plusieurs voix, dont celle de nombreux dirigeants européens et américains, s’étaient élevées pour réclamer la libération de M. Morsi, cette revendication ne se fait plus entendre et des cadres des Frères musulmans affirment désormais que les diplomates les exhortent à faire des compromis. Le secrétaire d’État américain John Kerry a ainsi longuement affirmé la détermination des États-Unis à travailler avec le gouvernement par intérim, mais n’a à aucun moment évoqué le sort du chef d’État destitué devant la presse, lors de sa visite au Caire quelques heures avant l’ouverture du procès de M. Morsi, finalement ajourné au 8 janvier.
(Source : AFP)


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