Un pompier syrien éteint les dernières flammes de l’usine de textile touchée par un tir d’obus des rebelles à Douailaa.HO-SANA/AFP
En effet, sur le terrain, les combats qui opposent forces loyales et rebelles font rage. Des obus de mortier sont tombés hier sur la capitale syrienne, notamment près de la citadelle de Damas dans le quartier des souks, faisant des blessés, alors que de violents combats se déroulaient dans plusieurs zones dans et autour de la capitale, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
L’agence officielle SANA a parlé d’« un obus tiré par des terroristes sur Douailaa, sur une usine textile qui a entièrement brûlé », en utilisant la terminologie du régime pour désigner les rebelles. « Le tir d’obus a provoqué un immense incendie qui a fait de grands dégâts dans les commerces sans faire de victimes », ajoute SANA.
Alors que le régime tente depuis des mois de sécuriser totalement la capitale, entourée de bastions rebelles, « des avions de chasse ont bombardé des zones à Sbeiné et les forces du régime ont pilonné la ville », a rapporté l’ONG. La télévision officielle syrienne a indiqué pour sa part que l’armée avait « réalisé de grands progrès dans sa poursuite des terroristes à Sbeiné ».
Dans l’est de Damas, des combats faisaient rage entre les rebelles et les soldats, alors que l’armée a progressé dans le quartier de Barzé, dans le nord de la capitale, a indiqué l’Observatoire.
Par ailleurs, des combats violents se déroulaient à la périphérie d’un quartier du sud de la capitale, Hajar Aswad, entre les rebelles d’un côté et les forces du régime épaulées par les combattants du Hezbollah, des milices prorégime et des combattants chiites étrangers, ajoute l’OSDH, évoquant des pertes humaines dans les deux camps. La Commission générale de la révolution syrienne a fait état pour sa part de combats violents accompagnés par des pilonnages intenses sur Hajar Aswad, « dans une nouvelle tentative du régime de prendre d’assaut » ce quartier rebelle.
De plus, « une attaque au mortier perpétrée par les terroristes a blessé plusieurs personnes dans le quartier de Bab al-Jabié » dans le centre de Damas, selon l’agence officielle SANA.
En outre, neuf personnes ont été blessées par la chute d’obus sur la localité de Jaramana, au sud-est de Damas, selon SANA.
Dépôt d’armes
Ailleurs dans le pays, des avions de chasse ont bombardé Mahin, une ville de la province de Homs où les insurgés tentent depuis plus d’une semaine de s’emparer d’un immense dépôt d’armes. Les combats ont fait des morts dans les deux camps, 100 dans les rangs de l’armée et au moins 80 parmi les jihadistes qui combattent aux côtés des rebelles, selon l’OSDH.
Toujours dans la même zone, les corps de six civils, dont deux enfants, ont été découverts dans un puits du village chrétien de Sadad, portant à 45 le nombre de civils tués dans ces combats depuis le 21 octobre, selon l’OSDH. L’Observatoire avait auparavant fait état de sept corps.
Près d’Alep, dans le nord du pays, les forces du régime ont pris aux rebelles le village d’Aziziyeh après avoir repris la ville stratégique de Sfeira, selon le Centre d’information d’Alep, un réseau de militants.
Dans la province de Hassaké, des combattants kurdes ont pris plusieurs villages ainsi que la route Ras al-Aïn/Abou Rassine, après des combats contre les jihadistes de l’EIIL et du Front al-Nosra, selon l’OSDH, qui a fait état de la mort de trois Kurdes.
Sur le plan humanitaire, le roi jordanien Abdallah II, dont le pays accueille près de 600 000 réfugiés syriens, a lancé hier un nouvel appel à l’aide de la communauté internationale, affirmant que leur présence « épuise » les ressources limitées du royaume. « Si la communauté internationale n’agit pas rapidement pour nous aider à supporter ce fardeau, je répète que la Jordanie va prendre les mesures pour protéger ses intérêts et son peuple », a déclaré le roi à l’ouverture d’une nouvelle session du Parlement jordanien.
Récemment, les autorités ont annoncé leur intention d’organiser le marché du travail afin de fournir des emplois aux Jordaniens et d’expulser près de 6 000 travailleurs syriens « illégaux ». Selon des chiffres officieux, plus de 160 000 Syriens travaillent en Jordanie, alors que le chômage touche environ 14 % de la population.
Dans ce contexte, les autorités jordaniennes ont annoncé hier que le Japon avait fait un don de 7,1 millions d’euros pour aider le royaume à faire face aux flux de réfugiés syriens.
La critique d’« as-Saoura »
Enfin, le quotidien officiel syrien as-Saoura a critiqué samedi l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi, après sa visite de cinq jours à Damas dans le cadre d’une tournée régionale visant à préparer une conférence de paix sur la Syrie. Dans un éditorial, le quotidien accuse notamment l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe « d’ignorer (...) les questions qui sont au cœur de sa mission », lui reprochant de ne pas mentionner « les pays entravant une solution politique », en référence notamment à l’Arabie saoudite et la Turquie qui soutiennent les rebelles syriens.
Autre sujet dont M. Brahimi a évité de parler, selon le quotidien : le « rôle des groupes takfiris (extrémistes) et terroristes » en Syrie où les groupes jihadistes sont de plus en plus présents sur le terrain.
(Source : AFP)

