Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels en bonne partie préservés des activités humaines, mais désormais menacés par le développement de la pêche et la navigation. Deux projets de sanctuaires ont été mis sur la table aux fins de créer une vaste réserve marine couvrant l’équivalent du territoire indien, potentiellement la plus étendue au monde, peuplée de cétacés, mammifères marins et manchots – pas moins de 16 000 espèces. Les États-Unis et la Nouvelle-Zélande proposaient de sanctuariser une aire de 1,25 million de km2 en mer de Ross, une immense baie, côté Pacifique, sous juridiction néo-zélandaise. La France, l’Australie et l’Allemagne recommandaient de leur côté la création de sept aires marines protégées (AMP) côté océan Indien, sur une étendue de 1,6 million de km2. Mais la Russie et la Chine s’y sont opposées, repoussant à l’automne 2014 – sauf réunion exceptionnelle – de nouvelles consultations, puisque la CCAMLR se
réunit une fois par an et que toute décision en son sein est adoptée par consensus.
Un jour noir
Une rencontre exceptionnelle au mois de juillet en Allemagne avait déjà achoppé en raison, selon les ONG, de l’opposition de la Russie qui craint de voir trop fortement se réduire ses zones de pêche. La Russie, avec le soutien de l’Ukraine, avait alors soulevé des questions juridiques sur le fait de savoir si la CCAMLR avait le droit d’instaurer ces aires, selon l’Alliance pour l’océan Antarctique (AOA), une coalition d’une trentaine d’ONG. Avant le sommet de Hobart, la Nouvelle-Zélande avait revu sa copie et considérablement diminué la surface devant être sanctuarisée. En vain.
Selon un membre des
délégations officielles, la Chine n’était pas défavorable à la proposition américaine mais s’est opposée à l’initiative australo-européenne. « Les pourparlers ont échoué. La Russie et la Chine voulaient des précisions, plus de temps. C’est très décevant », a déclaré ce délégué qui a requis l’anonymat. « C’est un jour noir pas seulement pour l’Antarctique mais pour les océans du monde entier », s’est exclamée Andrea Kavanagh, responsable des projets marins de Pew Charitable Trusts. Pour Farah Obaidullah, de Greenpace, l’échec de la réunion de Hobart « entache la réputation de la CCAMLR » et témoigne de l’interférence « des intérêts économiques et politiques dans la protection des océans pour le bien des générations futures ».
(Source : AFP)


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