Habillés en civil, des policiers arrêtent des étudiants pro-Morsi de l’université al-Azhar au Caire. Khaled Kamel/AFP
Le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir envoyé des policiers à la demande du président de l’université, l’un des plus prestigieux centres d’études islamiques du monde et après que le parquet a donné son accord pour une telle intervention. L’agence officielle MENA a rapporté que les policiers étaient intervenus après que des étudiants avaient durant ces dernières semaines attaqué et saccagé plusieurs bureaux de l’administration universitaire et tiré à la chevrotine sur le campus d’al-Azhar.
Le vice-président d’al-Azhar a de son côté appelé sur une télévision locale à maintenir cette présence sur le campus, où 25 étudiants ont été arrêtés hier après-midi, selon un haut responsable du ministère de l’Intérieur.
Par ailleurs, des affrontements entre étudiants pro et anti-Morsi ont fait 15 blessés à Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, et sept blessés dans des universités de la région du delta du Nil, ont indiqué des sources au sein des services de sécurité.
Depuis le 3 juillet, date de la destitution et l’arrestation de M. Morsi, les principaux leaders des Frères musulmans ont été arrêtés. L’un des tout derniers encore libres,
Essam al-Erian, vice-président du Parti de la liberté et de la justice, le bras politique des Frères, a d’ailleurs été arrêté mardi dans la nuit dans un quartier de l’est de la capitale où il se cachait, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.
La déstabilisation du Sinaï
Sur le plan international, des parlementaires américains ont plaidé mardi pour que Washington reprenne à plein régime son aide militaire à l’Égypte, sous peine de mettre en péril des décennies de coopération avec cet allié arabe des États-Unis. L’élu républicain et président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce, s’est aussi inquiété des risques de déstabilisation du Sinaï et donc des menaces pour la sécurité d’Israël.
En effet, depuis la destitution du président Morsi, des attaques quasi quotidiennes ont fait des dizaines de morts parmi la police et l’armée dans tout le pays, en particulier dans la péninsule du Sinaï. Hier encore, l’armée égyptienne déjouait un attentat à la voiture piégée contre un de ses convois dans le Nord-Sinaï. Les militaires ont été pris sous les tirs d’hommes armés avant de parvenir à arrêter l’un d’eux qui leur a avoué la présence d’une voiture piégée à proximité, ont expliqué des responsables des services de sécurité. Le véhicule a ensuite explosé mais sans faire de victimes.
(Source : AFP)

