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Liban - Justice

Georges Ibrahim Abdallah entame sa 30e année en prison

Des centaines de personnes manifestent en France en soutien à l’ancien militant.

Les manifestants devant l’ambassade de France à Beyrouth...Photo ANI

Quelque 350 manifestants se sont rassemblés samedi devant la prison de Lannemezan dans le sud-ouest de la France et hier à Beyrouth devant l’ambassade de France en soutien à l’ancien militant libanais Georges Ibrahim Abdallah qui vient d’y entamer sa 30e année de réclusion.
Les manifestants, issus d’une soixantaine d’organisations différentes, essentiellement d’extrême gauche, ont tenu à manifester leur solidarité sous ses fenêtres, brandissant des pancartes proclamant : « La liberté, c’est maintenant » ou « 30 ans ça suffit, libérez Georges ».
« C’est un acharnement de tous les gouvernements successifs, PS ou UMP. Ils n’ont pas la volonté de libérer Georges Abdallah. Il faut que ça cesse, il est libérable depuis 1999. C’est inacceptable. (Le ministre de l’Intérieur Manuel) Valls doit juste signer un arrêté d’expulsion pour le Liban », a déclaré une manifestante, Isabelle Gremet, membre du Parti de gauche.
Ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), Georges Ibrahim Abdallah avait été arrêté à Lyon en 1984 puis condamné à perpétuité pour complicité dans les assassinats en 1982 à Paris de deux diplomates, l’Américain Charles Robert Ray et l’Israélien Yacov Barsimantov. À présent âgé de 62 ans, il a vu ses huit demandes de libération conditionnelle rejetées.

 


« Il n’est pas tout seul »
« Cette manifestation symbolise l’entrée dans sa 30e année d’incarcération. On veut lui montrer notre soutien. C’est important pour son moral. On veut lui faire entendre qu’il n’est pas tout seul », a expliqué à l’AFP Alain Pojolat, membre du Collectif de libération de Georges Ibrahim Abdallah. « L’État libanais veut bien accueillir Georges; toutes les conditions étaient requises il y a quelques mois pour que l’État mette fin à ce scandale. Manuel Valls et l’Élysée ont subi des pressions de l’ambassadeur et du Sénat américains. Ils ont cédé sous ces pressions américaines et israéliennes », a estimé M. Pojolat.


Même son de cloche à Beyrouth, devant l’ambassade de France, à l’initiative de la campagne internationale pour la libération de Georges Abdallah. Des mesures de sécurité renforcées ont été prises et les entrées de l’ambassade ont été bloquées, pendant que les manifestants levaient des slogans appelant à la libération du détenu, et des images tournant en dérision le président français François Hollande, dont le cabinet n’a pas permis la mise en liberté de « l’otage » Georges Abdallah, malgré le fait qu’une décision juridique ait été prise à ce propos il y a six mois. Son frère, Robert Abdallah, a affirmé que « la lutte continuera ». « Nous avons précédemment mené des mouvements de protestations devant l’ambassade française, et avons porté atteinte à de nombreuses institutions et intérêts français au Liban. Nous annoncerons bientôt une série d’actions encore plus vigoureuses », a-t-il menacé.
Le 4 avril, la Cour de cassation avait douché les espoirs d’une libération rapide de Georges Ibrahim Abdallah. La plus haute juridiction criminelle française déclarait « irrecevable » sa demande de libération conditionnelle, jugeant que Georges Ibrahim Abdallah devait au préalable se soumettre à une mesure de semi-liberté ou de bracelet électronique pendant au moins un an.


Plusieurs parlementaires français ont adressé il y a quelques jours une lettre ouverte au président François Hollande pour lui demander la libération de celui qu’ils décrivent comme le « plus vieux prisonnier politique d’Europe et sans doute l’un des plus vieux du monde ».

 

 

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