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Moyen Orient et Monde - Analyse

La prudence d’Obama sur le Proche-Orient inquiète ses alliés

Les États-Unis semblent être plus conciliants envers l’Iran et plus réticents envers la Syrie...
L’ouverture diplomatique de Barack Obama vers l’Iran et son refus de dernière minute d’attaquer la Syrie font se demander aux alliés des États-Unis au Proche-Orient si le président n’est pas en train de leur tourner le dos pour éviter de se retrouver entraîné plus avant dans une région qu’il saisit mal.
Cette semaine, le chef des services de renseignements saoudiens a déclaré devant des diplomates européens que son pays allait « prendre ses distances » avec les États-Unis en raison de leur passivité à l’égard de la situation en Syrie et de leur détente apparente avec son vieil ennemi l’Iran.
Quant aux Israéliens, ils craignent que Barack Obama ne manque de fermeté dans les négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire et qu’il ne refuse une attaque militaire de l’Iran, comme il l’a fait à l’encontre de la Syrie après l’attaque chimique du 21 août dernier près de Damas.
À ceux, amis ou ennemis, qui insinuent qu’elle n’aurait pas le courage d’utiliser la force au Proche-Orient, la Maison-Blanche rappelle sa participation à l’opération multinationale qui a permis le renversement du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011. En effet, les autorités américaines soulignent qu’il ne faut pas sous-estimer la volonté de Barack Obama d’utiliser l’option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire. « Ce n’est pas comme si on avait un président qui aurait montré sa réticence à agir quand il y allait de notre intérêt », commente Ben Rhodes, conseiller adjoint du président à la sécurité. Il rappelle que les États-Unis n’amorceront pas une levée des sanctions contre l’Iran tant que Téhéran n’aura pas montré de réels progrès dans les négociations sur le nucléaire.
Mais si Barack Obama résiste aux pressions de l’Arabie saoudite qui le voudrait plus actif en Syrie, c’est surtout parce qu’il est très inquiet d’une implication militaire des États-Unis au Proche-Orient qui serait sans limite. Cette prudence, explique Ben Rhodes, vient notamment de l’expérience américaine en Irak où le glissement du pays dans la violence confessionnelle et le chaos politique « a démontré les limites de notre influence ».
D’autant que la circonspection de Barack Obama est le reflet de la société américaine en général. D’après un sondage Reuters-Ipsos d’octobre, une intervention américaine en Syrie ne serait soutenue que par 13 % des Américains.

Quand l’Arabie saoudite monte au créneau
L’Arabie saoudite, qui n’a toujours pas digéré la volte-face américaine dans le dossier syrien, a décidé de monter au créneau. Elle a notamment fait connaître son intention de ne pas siéger au Conseil de sécurité des Nations unies. « Ce que nous sommes en train de faire est de faire peur aux Américains pour qu’ils se réveillent. Ils ne peuvent nous faire des promesses et ensuite ne pas les tenir. Cela va leur coûter cher », commente un analyste saoudien proche de la façon de penser des dirigeants du royaume wahhabite.
Pour l’instant, il n’y a pas de signe de la volonté de Riyad de réduire ou supprimer la présence américaine sur son sol, qui comprend notamment une base utilisée pour envoyer des drones contre des activistes au Yémen voisin. Si elle décidait de passer à l’acte, l’Arabie saoudite pourrait par exemple être moins encline à compenser la baisse du pétrole en provenance d’Iran – conséquence des sanctions internationales contre Téhéran – avec des répercussions possibles sur le niveau des prix pétroliers.
Riyad pourrait aussi fournir des armes plus sophistiquées aux islamistes radicaux, certains affiliés à el-Qaëda, qui cherchent à renverser Bachar el-Assad en Syrie et leur donner un avantage militaire sur les rebelles plus modérés soutenus par les pays occidentaux.
(Source : Reuters)

L’ouverture diplomatique de Barack Obama vers l’Iran et son refus de dernière minute d’attaquer la Syrie font se demander aux alliés des États-Unis au Proche-Orient si le président n’est pas en train de leur tourner le dos pour éviter de se retrouver entraîné plus avant dans une région qu’il saisit mal.Cette semaine, le chef des services de renseignements saoudiens a déclaré...

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