Le Suisse Federer a congédié son coach Annacone. Soit. Mais le problème est sans doute ailleurs.
Au moins, Federer va faire des économies parce que l’ancien entraîneur de Pete Sampras devait lui coûter bonbon. Et d’ailleurs, on se demande si « Rodge », après tout ce qu’il a connu, a encore besoin d’un entraîneur. Mais le problème semble provenir d’ailleurs, plutôt du côté physique.
L’homme aux 17 titres du grand chelem est moins dynamique que par le passé – quoi de plus normal – et sans doute aussi moins endurant. Son jeu, mécanique de précision, notamment ses jambes, ne peut tolérer quelques millièmes de seconde de retard sur la balle. Ce retard, aussi infime soit-il, a pour conséquence des balles moins bien centrées, quelques bois, bref, plus de fautes. Alors souvent, sur son seul talent, il arrive à compenser, mais face aux tout meilleurs, ce n’est plus tenable.
Mais, cette saison, le Suisse n’a pas juste lâché devant les meilleurs du circuit. Voici le classement des joueurs qui ont battu Federer cette année : 3e, 39e, 6e, 5e, 16e, 5e, 8e, 116e, 114e, 55e, 3e, 22e, 42e. Alors, Annacone ou pas Annacone, X ou Y dans le futur, ça ne va pas changer la donne. C’est du côté des gambettes que ça se passe...
La question est donc la suivante : Federer peut-il encore, en jouant moins et en se soumettant à un travail physique de titan, signer quelques gros coups ? Pour ça, il lui faudra une foi de tous les instants. Est-ce que inconsciemment, je dis bien inconsciemment, le Suisse, 32 ans, n’est pas fatigué mentalement par ses 15 ans sur le circuit et ses 1 123 matches de simple ?
On s’était posé la même question concernant Pete Sampras lors des derniers mois de sa carrière. Parfois pathétique, l’Américain avait retrouvé sa flamme et son punch pour s’en aller sur un dernier titre à l’US Open. Mais Sampras avait pour lui un atout que Federer n’a pas : une première balle de service effrayante qui lui offrait bon nombre de points gratuits...
Federer a trop de talent et d’orgueil pour se laisser glisser ainsi. Peut-on imaginer le Suisse, l’imagine-t-il lui même, devenir un joueur lambda ? J’espère que s’il sent ne plus avoir le carburant nécessaire pour ferrailler au plus haut niveau, il saura dire stop. Nous n’en sommes pas encore là mais on est en droit de s’interroger.
Il est capital que Federer arrive à se qualifier pour le Masters. Disputer au moins trois matches contre les cadors du moment, en indoor, dans un cadre de prestige, lui permettra de définitivement faire le point. Mais s’il ne se qualifie pas, qu’est-ce qu’on va entendre...

