Mohammad qui fait partie, avec une de ses filles, des 146 rescapés hébergés à Malte n’a aucune nouvelle de sa femme Tagrid – enceinte – et de leur autre fille de 7 ans. Selon ce rescapé syrien, le bateau a été suivi pendant quatre à cinq heures par « des miliciens » qui « tout à coup » leur ont tiré dessus. « Ils ont blessé deux personnes. Puis ils ont continué à tirer et le bateau a commencé à prendre l’eau. Il s’est rempli très vite et on s’est retrouvé à la mer, j’ai attrapé ma fille », a-t-il expliqué. Molhake al-Roarsan, un autre Syrien âgé de 22 ans, a assuré au journal La Stampa que « trois jeunes ont été blessés », émettant l’hypothèse d’un conflit entre des groupes de trafiquants. « Il y a eu une lutte furieuse, des cris à la radio et au téléphone avec quelqu’un qui exigeait que nous retournions à terre, mais le capitaine ne s’est pas arrêté », a-t-il dit. Selon La Repubblica, les tirs provenaient d’une vedette libyenne « qui faisait probablement partie d’une autre bande criminelle ».
Mohammad a précisé avoir versé aux trafiquants 1 500 dollars pour lui-même, autant pour sa femme et 900 pour chacune de leurs filles. « Mais quand nous sommes montés à bord, les miliciens ont pointé leurs mitraillettes sur nos têtes en demandant davantage, j’avais 5 000 dollars que j’ai dû leur donner », a-t-il souligné. Le capitaine du bateau, un
Tunisien reconnu par des survivants, aurait été arrêté par les autorités maltaises, selon les médias.
« Ramenez-moi mon bébé, je veux mon bébé », crie une rescapée. Aïsha, une Libanaise de 25 ans qui a survécu avec son mari syrien au naufrage, n’a de cesse de réclamer sa fille de 17 mois emmenée par les secours à Lampedusa. « Je suis heureuse d’être vivante, mais je veux avoir ma fille avec moi. Je suis sûre qu’elle est vivante car elle allait bien quand on me l’a arrachée des bras », poursuit-elle dans le centre où elle est hébergée à Malte. Elle la tenait contre elle quand un secouriste de la marine italienne a emmené la petite Maram à Lampedusa, visiblement à la suite d’une erreur. « Nous sommes partis (...), les miliciens nous ont suivis avec leurs bateaux pendant cinq heures puis ils ont pointé leurs armes sur nous, nous
réclamant de l’argent, nos reins, nos foies. Comme personne ne donnait rien, ils ont commencé à nous tirer dessus et ont blessé deux d’entre nous », explique encore Aïsha.
Hier, les patrouilles en mer se poursuivaient pour retrouver d’éventuels survivants. Une autre opération de secours était également en cours, selon les médias italiens. Deux navires italiens (marine et garde-côtes) étaient mobilisés pour ramener sur la terre ferme 400 migrants ayant lancé un appel de détresse. Entre-temps, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, est parti en urgence hier pour rencontrer son homologue libyen, Ali Zeidan, afin de discuter de la vague croissante d’immigrés partant des côtes libyennes. M. Zeidan a pour sa part réaffirmé la détermination de son pays à lutter contre l’immigration clandestine.
(Source : AFP)


DES B(A)ERB(A)ÈRES !
13 h 26, le 14 octobre 2013