La lettre de Donald Sutherland, datant de 1880. Photo AFP
« La police a eu l’impression qu’il était le Malin en voyant les balles glisser sur lui tels de simples grêlons », écrit dans une lettre à sa famille un jeune Écossais, Donald Sutherland, immigré en Australie, témoin de l’arrestation de Ned Kelly. « Ils tiraient dans sa direction à dix yards (9 mètres) de distance dans la lumière sale du petit matin, sans le moindre effet », poursuit-il. Ces hommes étaient « des desperados qui m’ont causé tant de cauchemars et de nuits sans sommeil », dit le jeune homme. Employé de banque, il redoutait un hold-up du gang déjà célèbre à son époque. Ned Kelly, protégé par une combinaison de métal qu’il s’était fabriquée, n’est tombé qu’une fois touché aux jambes, en gémissant « je suis foutu, je suis foutu », raconte encore Donald Sutherland.
Ses descendants ont fait don au pays de ce document, exposé par la bibliothèque de l’État de Victoria. « Ned ne ressemble pas du tout à un meurtrier ou un bushranger (hors-la-loi qui se réfugiait dans le bush australien). C’est un homme très robuste d’environ 27 ans, avec une barbe et des cheveux bruns, un visage et des yeux doux, la bouche étant le seul élément mauvais de son visage », peut-on y lire aussi. Ce « document remarquable » est « un récit très personnel d’événements qui font partie du folklore australien », a souligné la directrice de la bibiothèque.
Kelly et son gang avaient été arrêtés le 28 juin 1880 à Glenrowan, une petite ville du sud du pays, après une traque de plusieurs mois. Considéré par certains comme un meurtrier sans foi ni loi et par d’autres comme un héros populaire, symbole de la résistance des plus pauvres contre la classe dirigeante britannique, Kelly a été pendu fin 1880 pour la mort de trois policiers.
(Source : AFP)

