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Liban - Tragédie

Les rescapés du bateau indonésien rentrent au bercail

Dix-huit rescapés du bateau de la mort en Indonésie sont rentrés hier au Liban. Un autre groupe devrait arriver à Beyrouth demain mardi, alors que les résultats des tests ADN pratiqués en Indonésie devraient identifier les corps dans les deux semaines à venir.

Il est blessé à la tête, il a perdu sa femme et ses enfants, mais il retrouve ses parents qui l’ont attendu hier à l’aéroport de Beyrouth. Photos Ibrahim Tawil

Un groupe d’officiels a attendu, hier matin, à l’aéroport de Beyrouth, les dix-huit boat people libanais ayant échappé à la mort dans le naufrage d’une embarcation qui devait les amener des côtes indonésiennes vers Christmas Island en Australie.
Étaient notamment présents le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour, le député Hady Hobeiche représentant l’ancien Premier ministre Saad Hariri, les députés Ali Ammar et Bilal Farhat représentant le Hezbollah et le député Khaled Zahraman.
Il y avait aussi des délégations du Akkar, notamment du village de Abit, venues accueillir ceux et celles qui ont échappé à la mort.


Une majorité d’hommes et quelques femmes sont rentrés hier donc au Liban. Ils avaient le regard vide de ceux qui ont vu la mort en face et de ceux qui ont tout perdu.
Ces Libanais avaient vendu leurs biens et s’étaient endettés pour partir, poursuivant un rêve inaccessible : celui de se faire une meilleure vie, dans un autre pays plus clément que le leur.
Ils ont décidé de partir malgré tout en faisant confiance à des passeurs et en choisissant de devenir boat people dans le seul espoir d’arriver à une terre ferme, riche et accueillante.
Les rescapés arrivés à l’aéroport de Beyrouth hier, via Dubaï, à bord d’un vol de la MEA sont : Louaï Baghdadi, Ahmad Aboué, Wissam Hassan, Moustapha Bou Merhi, Hussein Khodr, Assaad Assaad, Mohammad Ahmad, Omar Soueid, Mohammad Bahri, Omar Mahmoud, Ibrahim Omar, Ahmad Mahmoud, Khaled Hussein, Khalil Raï, Nadima Bakkour, Afrah Hassan, Wafra Dib et Ahmad Khoja.


Hier à l’aéroport de Beyrouth, chacun avait une histoire triste à raconter, et cela même s’il avait eu la vie sauve.
Les rescapés ont indiqué qu’ils sont restés cinq jours sans boire ni manger et que le bateau qui devait accoster près d’une île indonésienne, le capitaine s’étant égaré, a été renversé par une énorme vague qui l’a cassé en deux. L’accident s’est passé à 200 mètres de la côte. Certains ont nagé, d’autres se sont agrippés à des planches en bois, alors que les enfants à bord du bateau se sont tout de suite noyés.

 


 Repêcher les corps de ses propres enfants
Hussein Khodr a perdu sa femme et ses huit enfants dans le naufrage. « Je rentre seul au Liban. J’ai perdu les miens. J’espère que les corps seront rapatriés. J’ai repêché moi-même, un à un, les corps de mes huit enfants et de ma femme. Je les ai alignés l’un à côté de l’autre sur la plage de l’île indonésienne », a-t-il dit. « Nous avons pris le large dans des conditions très difficiles, le bateau a fait naufrage au bout de cinq jours. Je ne conseille à personne de faire le choix que j’ai fait et de partir de cette façon », a-t-il ajouté, souhaitant que « le gouvernement poursuive ses efforts pour le rapatriement des corps et le retour des Libanais qui sont toujours à Djakarta ».
Omar Mahmoud, qui a perdu sa famille, a indiqué : « J’aurais voulu que les responsables nous accordent plus d’importance avant notre départ. Nous nous sommes rendus légalement en Indonésie. Avant de partir nous avons payé 40 000 dollars à Abdallah Tibé (un habitant de Tripoli). J’avais vendu ma maison et mon magasin pour assurer la somme. Je suis le seul rescapé de ma famille. J’ai perdu ma femme et mes trois enfants, et je n’ai pas pu reconnaître leurs corps. »


Assad Saad a perdu son épouse et ses quatre enfants dans le naufrage. Il a affirmé à son arrivée à Beyrouth : « Je remercie tous ceux qui nous ont aidés à rentrer au Liban. Nous sommes les seuls responsables de notre sort. Nous avons choisi de quitter le Liban de cette façon. »
Ahmad Khoja, originaire de Tripoli, a perdu son épouse enceinte de sept mois. « Tout ce que j’ai voulu, c’est un meilleur avenir pour moi, mon épouse et les enfants que nous aurions dû avoir. Me voilà. Je rentre seul sans elle au pays », a-t-il dit.


Mohammad Ahmad s’est dit heureux de rentrer au Liban et de revoir sa famille. « Cette expérience a été très dure ; nous avons perdu la majorité des personnes qui étaient avec nous. Nous appelons le gouvernement à rapatrier rapidement leurs corps. Avant de partir en Indonésie, j’étais ouvrier en béton. Mais depuis quelque temps, je n’arrivais pas à joindre les deux bouts et j’ai pensé que je pouvais me faire une nouvelle vie à l’étranger », a-t-il estimé.


Afrah Hassan a souligné de son côté : « C’était un terrible drame. À 200 mètres de la côte, une vague a renversé le bateau. Nous nous sommes retrouvés subitement dans l’eau. Il y a ceux qui sont morts parce qu’ils se sont heurtés aux moteurs du bateau et ceux qui ont péri parce qu’ils ne savaient pas nager, notamment les enfants. Je me suis agrippée à une planche en bois. Cela m’a aidée à atteindre le rivage. » Elle a remercié toutes les personnes qui ont aidé à son rapatriement et elle a mis en cause « Abou Saleh, un ressortissant irakien, responsable de tout ce qui s’est passé. Il est actuellement en prison. Il est à la tête d’une mafia de passeurs ».

 


 Les tests ADN
Interrogé par les journalistes, le ministre des Affaires étrangères a indiqué qu’il « faudra encore attendre les résultats des tests ADN. Les corps sont en mauvais état et appartiennent à des ressortissants de diverses nationalités ».
En réponse à une question relative aux autres Libanais qui se trouvent en Indonésie, il a indiqué qu’il « y a des Libanais qui n’ont pas pris l’embarcation et qui sont sains et saufs à Djakarta. Il y a aussi ceux qui avaient été arrêtés par les autorités indonésiennes et dont les amendes nécessaires ont été payées pour leur libération ». Ils rentreront à Beyrouth demain mardi.


De son côté, Hady Hobeiche a souligné que « les victimes et les rescapés du bateau de la mort ont quitté leur terre natale pour vivre mieux. C’est au gouvernement libanais d’assumer les raisons de leur départ. Ils appartiennent aux villages les plus pauvres du Liban », souhaitant que « le naufrage du bateau indonésien incite le gouvernement à œuvrer pour un développement durable dans toutes les régions du pays ».


Le Pr Fouad Ayoub, expert international en médecine génétique, arrivé à Djakarta avec la délégation libanaise dépêchée en Indonésie pour venir en aide aux Libanais victimes du bateau de la mort, a indiqué que « le nombre des passagers qui avaient pris l’embarcation s’élève à 72 personnes, et cela sans compter le capitaine et son assistant. Le nombre des rescapés s’élève à 28 dont 18 Libanais. 44 personnes ont été portées disparues, et 44 cadavres ont été repêchés de la mer et transportés à Djakarta ».


Les examens légistes entamés le 1er octobre ont montré que 23 corps appartiennent à des hommes (19 adultes et 4 enfants) et 21 corps appartiennent à des femmes (14 adultes et 7 enfants).
« Les tests ADN devraient commencer aujourd’hui lundi et devraient prendre deux semaines. C’est au gouvernement indonésien d’en être responsable et de les effectuer », a-t-il poursuivi. « Nous sommes partis du Liban avec 19 empreintes génétiques appartenant aux familles des victimes », a-t-il souligné en conclusion.

 

 

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Un groupe d’officiels a attendu, hier matin, à l’aéroport de Beyrouth, les dix-huit boat people libanais ayant échappé à la mort dans le naufrage d’une embarcation qui devait les amener des côtes indonésiennes vers Christmas Island en Australie. Étaient notamment présents le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour, le député Hady Hobeiche représentant l’ancien Premier ministre Saad Hariri, les députés Ali Ammar et Bilal Farhat représentant le Hezbollah et le député Khaled Zahraman. Il y avait aussi des délégations du Akkar, notamment du village de Abit, venues accueillir ceux et celles qui ont échappé à la mort.
Une majorité d’hommes et quelques femmes sont rentrés hier donc au Liban. Ils avaient le regard vide de ceux qui ont vu la mort en face et de ceux qui ont tout perdu. Ces Libanais...
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Triste , choquant dans un pays ou les responsables officiels sont inexistants . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

17 h 33, le 07 octobre 2013

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Commentaires (1)

  • Triste , choquant dans un pays ou les responsables officiels sont inexistants . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    17 h 33, le 07 octobre 2013

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