Ainsi, le ministre démissionnaire porterait désormais son attention sur la mise en œuvre du plan sécuritaire à Tripoli, qui a fait l’objet d’une réunion extraordinaire du Conseil central de sécurité. Cette réunion, présidée par Marwan Charbel dans son bureau, a servi à mettre au point un plan susceptible de mettre un terme aux accrochages chroniques et d’imposer la stabilité dans cette ville.
Cette réunion a inclus notamment le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim ; le directeur général des Forces de sécurité intérieure par intérim, le général Ibrahim Basbous ; le mohafez du Nord et de Beyrouth p.i., Nassif Kalouche ; le directeur des services de renseignements de l’armée, le général Edmond Fadel ; le chef adjoint des opérations à l’état-major de l’armée, le général Ali Hamoud ; le secrétaire du Conseil central de sécurité intérieure, le général Élias Khoury ; l’avocat général près la Cour de cassation, le juge Charbel Abou Samra ; le vice-directeur général de la Sécurité de l’État, le général Mohammad Toufeily, et le commandant des forces de sécurité de Tripoli, le général Bassam Ayyoubi.
À l’issue de la réunion, le ministre Charbel a d’abord précisé que celle-ci « s’inscrit dans le prolongement de la réunion préalable au Grand Sérail, présidée par le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, qui avait chargé le Conseil central de sécurité d’élaborer un plan spécifique à la ville de Tripoli, au vu de la profonde complexité de ce terrain ».
« L’espoir » de Charbel
Déclarant, en réponse à une question, que « le plan de sécurité dans la banlieue sud est appliqué à la lettre, surtout que le Hezbollah a remis ses barrages aux forces de l’ordre, comme il l’a fait à Nabatiyeh », le ministre Charbel a précisé ensuite les contours du plan relatif à Tripoli.
Celui-ci inclurait deux volets. « Le premier, visant à séparer les combattants de Bab el-Tebbaneh, Kobbé et Baal Mohsen, est mis en œuvre par l’armée ; le second prévoit de protéger Tripoli dans son ensemble, après les deux attentats à la voiture piégée dont elle a été la cible », a-t-il précisé, tout en insistant sur le nécessaire jumelage entre « sécurité, d’une part, et travail de développement et de réconciliation, d’autre part, pour immuniser la ville. »
« Une lueur d’espoir commence à pointer », a-t-il ajouté, revenant sur les concertations fructueuses menées par le président de la République Michel Sleiman à New York, notamment sur l’importance de préserver la neutralité du Liban. « Il a transmis dans ce cadre l’optimisme du chef de l’État quant à l’avenir du Liban. »
Le ministre Charbel avait déclaré au quotidien an-Nahar, préalablement à la réunion sécuritaire, que le plan à Tripoli « doit être basé sur l’entente politique et non sur la sécurité préventive ». Et les réunions à New York préluderaient à cette entente, à en croire le ministre.
L’arsenal du Hezbollah
Pourtant, le scepticisme continue d’entourer l’efficacité du plan de sécurité dans la ville du Nord. Pour le responsable au sein du courant du Futur Moustapha Allouche, « Tripoli n’a pas besoin d’un plan, mais d’une présence permanente des FSI dans ses rues ».
Si le ministre Charbel a plus d’une fois insisté sur « l’impossibilité d’asseoir une sécurité préventive, à cause du manque d’effectifs dont souffrent les FSI », il compte sur une entente politique qui s’annonce délicate.
Alors que le ministre démissionnaire de la Jeunesse et des Sports Fayçal Karamé a lancé hier un énième appel à « mettre en œuvre le plan de sécurité à Tripoli », le chef islamique Omar Bakri, lui, a opposé un refus ferme. « Le ministre Charbel appelle les sunnites du Nord à remettre leurs armes, sous prétexte que le Hezbollah a abandonné ses barrages. Nous ne remettrons aucune arme tant que la situation syrienne n’est pas résolue, et que le Hezbollah continue d’utiliser ses armes contre les musulmans au Liban et en Syrie », a-t-il martelé.
Enfin, une source de sécurité, citée par le quotidien al-Joumhouriya, a relevé que « Tripoli n’a pas besoin d’un plan au sens global du terme, puisque les forces de l’ordre sont déjà présentes sur le terrain ». S’agissant par ailleurs de l’idée d’intégrer les milices de Tripoli aux FSI, le journal citant la même source a estimé que celle-ci ne peut être appliquée par une simple décision politique, puisque le recrutement obéit à une procédure définie par les lois en vigueur, portant notamment sur le comportement de la nouvelle recrue, d’où l’importance du casier judiciaire.


Bravo ...ca c'est une réussite sécuritaire... ! il ne restera donc ... que des zones interdites sans barrage du Nord au Sud et d'Est en Ouest...!
15 h 37, le 03 octobre 2013