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Liban

Joseph Maïla créera-t-il la surprise vendredi à l’Unesco ?

OLJ
03/10/2013
Le professeur d’université et analyste franco-libanais Joseph Maïla parviendra-t-il à créer la surprise, demain vendredi, en remportant la bataille serrée pour le renouvellement de la direction de l’Unesco sur fond de contraintes financières liées au gel depuis trois ans de la contribution des États-Unis ?
Selon l’AFP, la directrice générale bulgare, Irina Bokova, qui brigue un deuxième mandat, apparaît comme favorite, mais ses deux challengers, Joseph Maïla, ancien recteur de l’Institut catholique de Paris et ancien directeur du Centre d’analyse et prospective du ministère français des Affaires étrangères, et Rachad Farah, ambassadeur de Djibouti en France, lui compliquent la tâche et le scrutin s’annonce d’ores et déjà difficile.
Toujours selon l’AFP, la directrice générale sortante vante une organisation normalisée, forte d’une gestion rigoureuse. Joseph Maïla et Rachad Farah affirment, pour leur part, que l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture est au contraire en train de perdre son rang et sa raison d’être : le maintien de la paix par la culture.
Élue à la tête de l’Unesco en 2009, Mme Bokova a dû gérer la crise financière provoquée par la suspension de la contribution américaine au budget après l’accession de la Palestine, devenue le 31 octobre 2011 le 195e membre de l’Unesco : une amputation de 22 % du budget de l’organisation, passé de 653 millions de dollars à 507. « La crise financière est derrière nous », a assuré cette semaine Mme Bokova devant les 58 représentants des pays membres du Conseil exécutif de l’Unesco. « Nous avons préservé la mise en œuvre du programme », a-t-elle plaidé. Mais elle a reconnu être « inquiète ». « Nous parlons d’une enveloppe de 507 millions de dollars : un montant dérisoire au regard de notre mandat », a-t-elle relevé.
Pour tenir ce budget, quelque 300 personnes risquent de perdre leur emploi. L’Agence employait, en 2012, 1 200 personnes au siège installé à Paris et 900 à travers le monde.
« Il faut comprendre un peu le traumatisme que nous avons vécu à partir d’octobre 2011 et le retrait de la contribution américaine », explique à l’AFP Éric Falt, sous-directeur général pour les relations extérieures. Pour lui, « l’Unesco aurait pu disparaître ».
L’obtention de « 75 millions de dollars des États autres que les États-Unis au titre du fonds d’urgence a nécessité beaucoup de travail », dit-il, ajoutant : « On a pu survivre à cette crise : ce n’est pas le moment de changer de capitaine. »
La France, qui serait selon l’AFP quelque peu embarrassée par la candidature de Joseph Maïla, franco-libanais, a ainsi renouvelé hier son soutien à Mme Bokova. « Mme Irina Bokova conduit, dans un contexte budgétaire difficile, une courageuse politique de réforme et doit disposer du temps nécessaire pour mener à bien son programme », a ainsi indiqué le Quai d’Orsay.
La Cour des comptes française, dans un rapport ravageur, a affirmé cette année que « le caractère inattendu (de la crise) ne justifiait en rien l’impréparation » de l’organisation. D’autres rapports, britannique et australien notamment, ont été plutôt favorables à la gestion de Mme Bokova, fait valoir son entourage.
Le Conseil exécutif, appelé à trancher demain vendredi lors d’un vote à bulletins secrets, est divisé.
« Si elle devait perdre, je serais choqué », dit à l’AFP un ambassadeur occidental sous couvert d’anonymat. « Elle a levé 75 millions de dollars et n’a supprimé aucun poste ni aucun des principaux programmes avec un trou budgétaire de 33 % (incluant la rétorsion financière opérée par le Canada et Israël qui ont suivi la position américaine) : c’est remarquable », ajoute-t-il.
Un diplomate arabe est plus nuancé. « Elle est devenue populaire auprès de ceux qui voulaient qu’elle fasse cette réforme et impopulaire auprès de ceux qui en ont pâti », dit-il. Mme Bokova « a refusé de changer le niveau des contributions », selon lui, alors que plusieurs pays proposaient cette solution.
Son projet de suppression du secteur des sciences humaines, auquel elle vient de renoncer, a également provoqué une fronde des pays latino-américains.
Un ambassadeur occidental se rassure : « Quand vous avez le soutien des principales puissances, Brésil, Chine, Russie et Inde, cela vous ramène des voix », dit-il.
Un collègue arabe tient sur une feuille un décompte des intentions de vote : « Cela fait 32 » pour la directrice sortante, dit-il, alors que Mme Bokova a besoin de 30 voix pour l’emporter. Mais il ajoute avec le sourire : « Tout peut arriver. »
Joseph Maïla, qui a fait plus d’une fois la fierté du Liban à l’étranger, sans pourtant avoir jusqu’à présent toute la reconnaissance qu’il mérite réellement du fait de ses dons et talents exceptionnels en tant qu’analyste et consultant, sera-t-il enfin récompensé comme il se doit ?

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