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Économie

Budget français : les chiffres et le sens des mots

Pour un État, il existe plusieurs manières de rater sa cible budgétaire. On peut ne pas exécuter la politique annoncée. Ou bien subir des chocs brutaux qui n’étaient pas prévisibles (pensons à 2008). Ou, enfin, construire son budget sur des hypothèses si hardies que la réalité ne peut finalement que décevoir. Ce dernier reproche pouvait être retenu contre la France l’an dernier, mais non pour 2014. Le budget de 2013 prévoyait en effet de ramener le déficit public à 3 % du PIB mais se révélait obsolète dès le mois de février. D’où un dérapage de plus d’un point de PIB. Le budget de 2014 envisage une réduction du déficit d’un demi-point, ce qui est réalisable dans la mesure où le cadrage macroéconomique n’a rien de vraiment aventureux. Même si on juge un peu optimiste la croissance anticipée ou le rebond de l’emploi, il n’y a là rien d’irréaliste. La Cour des comptes estime que le scénario est « plausible », tout en notant certaines réserves sur les élasticités de recettes qui sont utilisées par le gouvernement.
Ce projet de budget est conçu pour profiter à plein du délai de deux ans accordé par la Commission européenne. Le président François Hollande a été bien inspiré de ne pas chercher à renégocier le « fiscal compact », qu’il critiquait tant en tant que candidat. Sans le « fiscal compact » qui définit de nouvelles règles de conduite, la France aurait été jugée sur l’ampleur de son déficit excessif (> 3 % du PIB) et non sur les efforts structurels de consolidation. Ces efforts qui ont représenté 1,1 point de PIB en 2012, puis 1,3 point en 2013, seraient de 0,9 point en 2014. Toute la communication du gouvernement porte sur la composition de l’effort. En 2013, les recettes en représentaient 90 %, en 2014, 80 % viendraient des dépenses, soit 15Md €. Ici une précision s’impose. Il ne s’agit pas d’une « baisse » au sens que l’usage courant donne à ce mot. Il s’agit d’une réduction par rapport à la tendance naturelle de croissance, autrement dit d’un... freinage. Depuis 2010, il est vrai, la maîtrise des dépenses publiques est bien meilleure, surtout concernant les dépenses sociales (retraites, maladie). L’effort est supposé maintenu au-delà de 2014. En 2017, la dépense publique retomberait à 54 % du PIB, soit toujours 10 points de plus qu’en Allemagne.
Pour un État, il existe plusieurs manières de rater sa cible budgétaire. On peut ne pas exécuter la politique annoncée. Ou bien subir des chocs brutaux qui n’étaient pas prévisibles (pensons à 2008). Ou, enfin, construire son budget sur des hypothèses si hardies que la réalité ne peut finalement que décevoir. Ce dernier reproche pouvait être retenu contre la France l’an dernier, mais non pour 2014. Le budget de 2013 prévoyait en effet de ramener le déficit public à 3 % du PIB mais se révélait obsolète dès le mois de février. D’où un dérapage de plus d’un point de PIB. Le budget de 2014 envisage une réduction du déficit d’un demi-point, ce qui est réalisable dans la mesure où le cadrage macroéconomique n’a rien de vraiment aventureux. Même si on juge un peu optimiste la croissance anticipée ou le...
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