Ce projet de budget est conçu pour profiter à plein du délai de deux ans accordé par la Commission européenne. Le président François Hollande a été bien inspiré de ne pas chercher à renégocier le « fiscal compact », qu’il critiquait tant en tant que candidat. Sans le « fiscal compact » qui définit de nouvelles règles de conduite, la France aurait été jugée sur l’ampleur de son déficit excessif (> 3 % du PIB) et non sur les efforts structurels de consolidation. Ces efforts qui ont représenté 1,1 point de PIB en 2012, puis 1,3 point en 2013, seraient de 0,9 point en 2014. Toute la communication du gouvernement porte sur la composition de l’effort. En 2013, les recettes en représentaient 90 %, en 2014, 80 % viendraient des dépenses, soit 15Md €. Ici une précision s’impose. Il ne s’agit pas d’une « baisse » au sens que l’usage courant donne à ce mot. Il s’agit d’une réduction par rapport à la tendance naturelle de croissance, autrement dit d’un... freinage. Depuis 2010, il est vrai, la maîtrise des dépenses publiques est bien meilleure, surtout concernant les dépenses sociales (retraites, maladie). L’effort est supposé maintenu au-delà de 2014. En 2017, la dépense publique retomberait à 54 % du PIB, soit toujours 10 points de plus qu’en Allemagne.
Économie
Budget français : les chiffres et le sens des mots
OLJ / le 03 octobre 2013 à 00h00
Ce projet de budget est conçu pour profiter à plein du délai de deux ans accordé par la Commission européenne. Le président François Hollande a été bien inspiré de ne pas chercher à renégocier le « fiscal compact », qu’il critiquait tant en tant que candidat. Sans le « fiscal compact » qui définit de nouvelles règles de conduite, la France aurait été jugée sur l’ampleur de son déficit excessif (> 3 % du PIB) et non sur les efforts structurels de consolidation. Ces efforts qui ont représenté 1,1 point de PIB en 2012, puis 1,3 point en 2013, seraient de 0,9 point en 2014. Toute la communication du gouvernement porte sur la composition de l’effort. En 2013, les recettes en représentaient 90 %, en 2014, 80 % viendraient des dépenses, soit 15Md €. Ici une précision s’impose. Il ne s’agit pas d’une « baisse » au sens que l’usage courant donne à ce mot. Il s’agit d’une réduction par rapport à la tendance naturelle de croissance, autrement dit d’un... freinage. Depuis 2010, il est vrai, la maîtrise des dépenses publiques est bien meilleure, surtout concernant les dépenses sociales (retraites, maladie). L’effort est supposé maintenu au-delà de 2014. En 2017, la dépense publique retomberait à 54 % du PIB, soit toujours 10 points de plus qu’en Allemagne.

