Pas de rotation pour « Paul le Poulpe ». Le milieu dont les tentacules ventousent le ballon est déjà une des idoles du Juventus Stadium et un pilier d’Antonio Conte.
Depuis son entrée en jeu au bout de 20 minutes au premier match de la saison, en Supercoupe à la place de Claudio Marchisio blessé, Pogba n’est plus sorti de l’équipe une seule seconde.
Ce soir-là, il avait ouvert le score contre la Lazio deux minutes après son entrée en jeu et participé au premier titre de la saison (4-0). Depuis, il est monté en puissance irrésistiblement et n’a pas encore été touché par le turn-over installé par Conte cette saison. Et pourtant, tous les cadors de l’équipe ont tourné, même Arturo Vidal, son pendant au milieu de terrain, même Carlos Tevez, même Gianluigi Buffon dans le but.
Aligné au centre du milieu de terrain contre le Torino, pour laisser reposer l’habituel meneur Andrea Pirlo, de 15 ans son aîné, Pogba a encore brillé contre dans ce derby turinois et marqué le but vainqueur (1-0).
« Une machine à jouer au football »
Cette « machine à jouer au football complète », selon La Gazzetta dello Sport qui évoque également « un athlète NBA avec des pieds brésiliens », est en train d’accéder au plus haut niveau.
Excellent à la récupération, capable de se projeter vers l’avant en un éclair et d’emmener l’équipe dans son mouvement, il a même des attitudes de taulier, à l’image d’une passe décisive offerte à Tevez contre la Lazio en championnat (4-1), alors que lui-même était bien placé. Mais un nouveau but accélérait l’intégration de l’Argentin.
Signe de sa progression fulgurante, il est même bon quand l’équipe traîne la patte. Lors de l’entrée en scène ratée de la Juve à Copenhague (1-1)en Ligue des champions, il a été un des seuls à surnager, comme c’était arrivé lors du naufrage des « Bianconeri » l’an dernier en quarts de finale contre le Bayern Munich (2-0/3-0).
Couvert d’éloges, « Juventino » le mieux noté par la presse spécialisé un match sur deux, il assure garder les pieds sur terre. « Je ne me dis pas “je suis titulaire”, j’essaie de prouver que je le mérite, je ne veux jamais m’enflammer », a-t-il dit à l’AFP.
Tout le monde joue avec lui le jeu des références, en fait par exemple un nouveau Patrick Vieira. Mais son talent particulier échappe au calibrage. « Je n’aime pas les comparaisons, je suis Paul », disait-il la saison dernière.
Il est en train de devenir Pogba, la nouvelle star de la Juve. « Vieira ça va rester Vieira, il n’y a qu’un seul Vieira. Chaque génération a son nom. Ça me fait toujours plaisir qu’on me compare à un grand joueur, mais moi j’espère faire encore mieux », soulignait-il.
En revanche, il aime bien Paul le Poulpe. « Les tifosi de la Juve m’appellent “Polpo Paul”, je préfère, c’est mieux, plus personnel. »Paul le Poulpe a-t-il prédit la victoire contre Galatasaray ?
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