Pour la FAO, les objectifs qui visent à réduire de moitié la faim dans les pays en développement d’ici à 2015 peuvent encore être atteints. Tony Karumba/AFP
Pour la FAO, les Objectifs du millénaire adoptés en 2000, qui visent à réduire de moitié la faim dans les pays en développement d’ici à 2015, peuvent encore être atteints et sont déjà en passe de l’être en Asie. Néanmoins, 842 millions de personnes ont encore souffert de faim chronique au cours de la période 2011-2013, contre 868 millions en 2010-2012 (soit une réduction de 3 %). L’Afrique reste le continent le plus affecté avec plus de 21 % de la population qui a faim, en particulier en Afrique subsaharienne « qui accuse le niveau de sous-alimentation le plus élevé » de la planète et compte 223 millions de personnes affamées de façon chronique.
Au total, près de 60 % des personnes sous-alimentées se trouvent toujours en Asie du Sud (295 millions) et en Afrique subsaharienne, mais même dans cette région, la part de la population sous-alimentée a fortement diminué sur les deux dernières décennies, passant de près d’un tiers à moins d’un quart de la population totale. Simultanément, la plupart des pays asiatiques « ont enregistré une réduction importante à la fois du nombre et de la proportion de personnes sous-alimentées », notamment en Asie du Sud-Est où la prévalence de la sous-alimentation a baissé en vingt ans de 31 à 10,7 %.
L’amélioration de l’accès à la nourriture va de pair avec le recul de la pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour), passée statistiquement entre 1990 et 2008 de 47 à 24 % dans l’ensemble des régions en développement, explique la FAO. Mais plus les pays sont dépendants des importations de denrées de base, telles les céréales, plus « l’accès économique aux aliments est en dents de scie », résume-t-elle. Même si, c’est une surprise, la flambée des cours des céréales sur le marché mondial en 2010-2012 a finalement eu moins d’impact que redouté sur les prix à la consommation.
La FAO relève quand même l’exception notable de l’Afrique de l’Est et de « certains pays importateurs à faibles revenus », où les consommateurs ont été exposés frontalement aux yoyos du marché international. « Sur les 20 dernières années, considère le FAO, la disponibilité en nourriture a crû plus vite que la population des pays en développement. » D’où la baisse du nombre des mal-nourris mais aussi l’amélioration du régime alimentaire moyen, indique l’agence de l’ONU qui souligne « la baisse de la part des céréales, des racines et des tubercules » au profit des fruits, des légumes, des produits d’origine animale et des oléagineux, « qui ont respectivement augmenté de 90, 70 et 32 % » insiste-t-elle.
(Source : AFP)

