Cinquième jour de manifestations contre le pouvoir au Soudan
De nombreux médias empêchés de couvrir les protestations ; fermeture du bureau d’al-Arabiya à Khartoum.
OLJ /
le 28 septembre 2013 à 00h00
Des heurts et des attaques contre des biens publics et privés ponctuent les manifestations depuis lundi. Photo Reuters
Des milliers de Soudanais ont bravé le gaz lacrymogène hier pour crier leur colère contre le gouvernement, notamment à la sortie des mosquées, au cinquième jour d’une vague de protestations contre une hausse du prix des carburants. À Omdurman, ville jumelle de Khartoum, entre 2 000 et 3 000 manifestants ont crié « À bas le pouvoir de l’armée » et « Non à la hausse des prix », et ne se sont pas dispersés lorsque la police a tiré du gaz lacrymogène, a rapporté un correspondant de l’AFP. Ils ont répondu aux premiers tirs en scandant « Notre marche est pacifique », et certains ont déployé un drapeau géant du Soudan et entonné l’hymne national. La police a également tiré des grenades lacrymogènes à Khartoum Bahri, au nord de la capitale, et dans les parties sud et est de Khartoum, pour tenter de disperser des défilés réunissant chacun plusieurs milliers de personnes, selon des témoins. Malgré ces tirs, la plupart des manifestants sont restés dans la rue en continuant à scander des slogans contre le pouvoir, ont assuré ces témoins. Des policiers et des soldats étaient déployés en force dans la capitale en prévision de ces manifestations, auxquelles ont appelé l’opposition ainsi que des militants réclamant le départ du président Omar el-Béchir. Depuis la décision lundi du gouvernement de lever des subventions sur les carburants, les Soudanais ont manifesté en masse dans plusieurs régions, et les protestations ont par endroits dégénéré avec des heurts et des attaques contre des biens publics et privés. Aucun heurt ni pillage n’a cependant été signalé hier, et le gouvernement continue de garder officiellement le mutisme face à cette contestation d’une ampleur inédite depuis l’arrivée au pouvoir de M. Béchir en 1989.
Black-out L’Internet a été coupé hier dans la journée, apparemment pour tenter d’empêcher les militants de communiquer sur les lieux des manifestations, puis rétabli en fin d’après-midi. Pour maintenir le black-out médiatique sur les manifestations, les autorités ont en outre saisi ou empêché de paraître trois quotidiens : as-Soudani, al-Majhar as-Siassi et al-Watan. Et la chaîne de télévision à capitaux saoudiens al-Arabiya a annoncé hier que les autorités soudanaises avaient décidé de fermer son bureau à Khartoum pour protester contre la façon dont elle couvrait les manifestations dans ce pays. Dans un communiqué, l’Alliance des jeunes de la révolution soudanaise, qui contribue à l’organisation de la contestation sur les réseaux sociaux, a réclamé « la démission du chef de l’État (...) ainsi que du gouvernement corrompu ». Le parti d’opposition Oumma de l’ex-Premier ministre Sadek al-Mehdi a appelé ses membres à manifester et « le peuple soudanais à intensifier les protestations ». Sur les réseaux sociaux, des militants ont appelé à de nouvelles manifestations hier en soirée et aujourd’hui. Ces derniers jours, la police était intervenue pour disperser les manifestants dans plusieurs régions, parfois en tirant des balles en caoutchouc, selon les témoins. L’African Centre for Justice and Peace Studies et Amnesty International ont affirmé que 50 personnes avaient péri mardi et mercredi lors des manifestations après avoir été touchées par balles à la tête ou à la poitrine. Des sources hospitalières et la police ont pour leur part fait état d’un bilan de 29 morts. La plupart sont des civils tués par la police, ont précisé témoins et proches. L’Union européenne s’est dit « inquiète », tout comme le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme qui a appelé les forces de sécurité à « la plus haute retenue ». (Sources : agences)
Des milliers de Soudanais ont bravé le gaz lacrymogène hier pour crier leur colère contre le gouvernement, notamment à la sortie des mosquées, au cinquième jour d’une vague de protestations contre une hausse du prix des carburants. À Omdurman, ville jumelle de Khartoum, entre 2 000 et 3 000 manifestants ont crié « À bas le pouvoir de l’armée » et « Non à la hausse des prix », et ne se sont pas dispersés lorsque la police a tiré du gaz lacrymogène, a rapporté un correspondant de l’AFP. Ils ont répondu aux premiers tirs en scandant « Notre marche est pacifique », et certains ont déployé un drapeau géant du Soudan et entonné l’hymne national. La police a également tiré des grenades lacrymogènes à Khartoum Bahri, au nord de la capitale, et dans les parties sud et est de Khartoum, pour tenter de...
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