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Liban - Interview

Pour Washington, le problème des réfugiés syriens risque de durer longtemps

La secrétaire d’État adjointe aux Affaires des réfugiés, Anne Richard, dresse un état des lieux, dans une interview accordée à « L’Orient-Le Jour », du problème posé par le flux de réfugiés syriens dans les pays d’accueil, notamment le Liban.

Anne Richard.

La secrétaire d’État adjointe aux Affaires des réfugiés, Anne Richard, a exprimé hier, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour au New York Foreign Press Center (NYFPC), la « préoccupation » des États-Unis face à la « tension » provoquée par l’afflux de réfugiés syriens vers les pays voisins, « notamment le Liban et la Jordanie qui n’ont pas la force économique de la Turquie ».
Mme Richard, qui avait participé la veille à la réunion du Groupe de soutien international au Liban aux côtés du secrétaire d’État John Kerry, se prépare à la prochaine réunion organisée par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui se tiendra lundi prochain à Genève. Consacrée à la crise humanitaire en Syrie et ses répercussions sur le Liban, la Turquie et la Jordanie, la réunion sera présidée par Antonio Guterres, haut-commissaire de cette organisation.

Responsabilité de la frontière ouverte
La secrétaire d’État adjointe a rappelé que les États-Unis sont « les plus grands contributeurs de fonds, avec d’autres donateurs », mais « ils sont à la recherche d’autres bailleurs de fonds, notamment des pays du Golfe ». Elle a rappelé le déblocage par le président Barak Obama de 340 millions de dollars supplémentaires d’aide humanitaire aux réfugiés et déplacés syriens, dont 74 millions sont alloués au Liban. Cette aide se fera en partenariat avec le HCR, le CICR et d’autres organisations non gouvernementales. Elle portera sur le montant alloué par les États-Unis depuis le début de la crise à 1,3 milliard de dollars. Mais « une meilleure coordination et un dialogue » entre les différentes organisations et agences onusiennes sont nécessaires pour mener à bien la tâche. « Nous poussons les experts humanitaires et au développement à une meilleure coordination dans le travail de financement avec le HCR, le PAM, le PNUD et la Banque mondiale. » À cette occasion, elle a « salué » l’évaluation rapide faite par la Banque mondiale de l’impact des réfugiés au Liban, évaluation qui sera étudiée lors de la réunion de la BM en octobre.

Une implantation à long terme ?
Pour la responsable américaine, « les voisins de la Syrie ont la responsabilité de garder leurs frontières ouvertes, le reste du monde a aussi la responsabilité de leur permettre de l’assumer. Nous voudrions être utiles », lance-t-elle. Cette politique de porte ouverte risque-t-elle de venir un jour hanter les Libanais avec la menace d’une implantation à long terme au Liban, avec l’acquiescement de la communauté internationale sous prétexte que « des liens spéciaux et familiaux lient les Libanais et les Syriens ? Quels sont les mécanismes mis en place pour que d’autres pays allègent le fardeau du Liban ? » « Cette question m’a été posée il y a quelques semaines, ainsi que celle portant sur le coût total de cette crise », a souligné la responsable US. « Personne ne peut donner de réponse. Les choses ont changé depuis un an. J’avais espoir que les circonstances changeraient en Syrie et que les gens pourraient rapidement rentrer chez eux. Je ne le pense plus maintenant, face à l’ampleur de la dévastation en Syrie. Un vaste effort de reconstruction est nécessaire à l’avenir », note-t-elle avec pessimisme.
Et de poursuivre : « La fin de la guerre n’est pas pour bientôt. On pourrait s’attendre à ce que les familles ne puissent plus revenir tout de suite, au risque de se séparer. Nous ne savons pas ce que l’avenir réserve. Mais nous savons que ce ne sera pas fini de sitôt. Même si la paix revient, il y aura des séquelles », poursuit-elle. Et d’ajouter : « Au Liban, nous devons faire davantage qu’une aide d’urgence à court terme. Nous devons observer le flux du financement au développement, et nous devons impliquer davantage les organisations, telles que le PNUD, la Banque mondiale et d’autres agences de développement. C’est pourquoi l’Agence américaine pour le développement international, qui est notre partenaire dans de nombreux projets dans lesquels nous sommes partie prenante, est tellement impliquée », dit-elle.

« Accueil temporaire ou définitif » dans d’autres pays
Mme Richard a laissé entendre que d’autres pays pourraient alléger le fardeau en prenant l’initiative d’accueillir « de manière temporaire ou définitive des réfugiés syriens. » Elle cite le cas de l’Allemagne qui en a accueilli 5 000. « Un certain nombre de pays européens ont exprimé leur volonté de prendre un certain nombre sur une base temporaire. Le HCR s’active rapidement pour qu’ils tiennent leur promesse », assure-t-elle. Mais qu’en est-il des États-Unis, pays d’accueil par tradition ? « Nous sommes le leader du monde en matière de réinstallation des réfugiés de façon permanente. Cette année, nous avons accueilli 70 000 réfugiés du monde entier, souligne-t-elle. Nous sommes en phase d’accueillir des réfugiés syriens sur recommandation du HCR. Nous travaillons étroitement avec cette agence pour prendre les plus vulnérables. Accueillir les réfugiés n’est pas controversé aux États-Unis ; nous le faisons chaque année. Nous avons un programme actuel et le contrôle de sécurité par lequel tous les réfugiés doivent passer. »
Mme Richard met en exergue l’importance de la réunion du Groupe de soutien international au Liban, soulignant « qu’il est important de montrer au gouvernement et surtout au peuple libanais que le monde est attentif, et apprécie la générosité et l’hospitalité du Liban », avant d’ajouter : « La situation actuelle est difficile. L’ampleur et la portée de la crise syrienne constituent des défis pour tout le monde. Mon travail ne consiste pas à critiquer tel ou tel aspect de la générosité d’un gouvernement, mais plutôt de trouver le moyen pour que le reste du monde vienne en aide aux gouvernements qui font autant », conclut-elle sur une note pessimiste.
La secrétaire d’État adjointe aux Affaires des réfugiés, Anne Richard, a exprimé hier, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour au New York Foreign Press Center (NYFPC), la « préoccupation » des États-Unis face à la « tension » provoquée par l’afflux de réfugiés syriens vers les pays voisins, « notamment le Liban et la Jordanie qui n’ont pas la force économique de la Turquie ».Mme Richard, qui avait participé la veille à la réunion du Groupe de soutien international au Liban aux côtés du secrétaire d’État John Kerry, se prépare à la prochaine réunion organisée par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui se tiendra lundi prochain à Genève. Consacrée à la crise humanitaire en Syrie et ses répercussions sur le Liban, la Turquie et la Jordanie, la réunion sera...
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