Pavlos Fyssas, alias Killah P., un rappeur antifasciste âgé de 34 ans, a été tué à coups de couteau par un militant d’Aube dorée, un parti à l’idéologie xénophobe et antisémite. Alexandros Theodoridis/AFP
Le gouvernement grec a promis d’agir hier contre le parti néonazi Aube dorée après le choc provoqué par le meurtre d’un antifasciste par un militant présumé de cette formation, accusée de multiples violences ces derniers mois.
« Le gouvernement est déterminé à ne pas permettre aux descendants des nazis d’empoisonner la vie sociale, de commettre des crimes, de provoquer et de miner les fondements du pays qui a fait naître la démocratie », a assuré d’une voix ferme le Premier ministre Antonis Samaras, dans un message spécial à la télévision. « La recrudescence de la violence sape toute perspective » de faire sortir le pays de la crise, a-t-il ajouté. Cependant, les observateurs font remarquer qu’au-delà de la fermeté affichée par le Premier ministre à la télévision, aucune mesure précise n’est pour l’heure annoncée contre le parti néonazi. Toutefois, le ministre de l’Ordre public, Nikos Dendias, a promis de renforcer l’arsenal législatif, en particulier les dispositions qui concernent « les organisations criminelles et les groupes armés ».
Le meurtre, dans la nuit de mardi à mercredi près d’Athènes, de Pavlos Fyssas, un musicien antifasciste âgé de 34 ans tué à coups de couteau par un militant présumé d’Aube dorée, âgé de 45 ans, a provoqué un choc, occupant hier tous les titres de la presse, partagée entre consternation et révolte tandis qu’à l’étranger, on s’alarme d’une recrudescence néonazie.
« Porcs ! Fascistes ! Assassins ! »
Des milliers de personnes ont manifesté contre les néonazis hier soir dans une banlieue populaire de l’ouest d’Athènes, près du quartier de Keratsini où le musicien a été tué. À l’appel de syndicats ouvriers, un cortège rassemblant environ 4 000 personnes a défilé derrière une banderole énonçant « Blocage au fascisme », en présence de policiers antiémeute. « Dehors les fascistes », « Les travailleurs n’ont pas peur des menaces », « Debout le peuple, ne courbe pas la tête, la résistance est la seule voie possible », tels étaient les slogans lancés au micro par des dirigeants syndicaux et scandés par la foule. Mercredi soir, des manifestations de protestation contre ce meurtre réunissant des milliers de personnes à Athènes, Salonique et Patras, avaient dégénéré en affrontements entre manifestants d’extrême gauche et policiers. Des manifestations pour protester contre ce meurtre étaient également prévues dans plusieurs capitales européennes.
En outre, plus de 2 000 personnes s’étaient rassemblées hier matin dans un cimetière d’Athènes pour dire adieu au rappeur Pavlos Fyssas, alias Killah P. « Porcs ! Fascistes ! Assassins ! », a scandé la foule, tandis que des proches du défunt portaient son cercueil dans le cimetière, situé sur une colline surplombant la banlieue de Keratsini.
Les responsables grecs ont été à plusieurs reprises accusés, y compris à l’étranger, de faire preuve de tolérance vis-à-vis d’Aube dorée, parti à l’idéologie xénophobe et antisémite qui, depuis son irruption au Parlement en juin 2012 où il dispose de 18 députés, n’a cessé de multiplier les attaques contre des hommes politiques de gauche et les immigrés. Profitant d’une quasi-impunité, surfant sur la grave crise économique et le chômage qui frappent la Grèce, Aube dorée atteint aujourd’hui 13 % des intentions de vote, contre 7 % en 2012.
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