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Liban - La Situation

La logique de la force vs la force de la logique

Deux sujets dominent l’actualité interne : la sécurité et la formation du gouvernement. Sur le plan de la sécurité, après les incidents de la dernière semaine dans la banlieue sud, quadrillée par les hommes du Hezbollah, a resurgi dimanche la question du réseau téléphonique que le parti pro-iranien est en train d’installer sur toute la superficie du territoire national.
Cette fois, c’est au niveau de Zahlé que les « chemises noires » ont fait leur apparition, pour soi-disant des travaux d’entretien du réseau. Il y a un an, c’était sur la ligne passant par Tarchich.
Selon une source politique bien informée, on ne peut plus se cacher derrière son doigt et tromper les Libanais, en facilitant l’installation de ce réseau sous le couvert de l’installation de conduites d’eau. Aux Libanais de décider si, oui ou non, au nom de la résistance anti-israélienne, le Hezbollah a le droit d’avoir son propre réseau de communications téléphoniques. S’y prendre autrement, c’est tromper les Libanais et, en un sens très concret, leur faire violence.
Et comme la violence appelle la violence, l’installation de ce réseau de téléphonie fixe, malgré le refus d’une large partie de la population, commence à mettre en péril la paix civile. Il suffisait d’écouter les réactions des jeunes gens de Zahlé pour le comprendre. Une dégradation de l’état de la sécurité se prépare, si l’autorité de l’État continue d’être bafouée de la sorte et si les connivences internes du Hezbollah continuent de lui assurer l’impunité.
Où finit d’ailleurs le réseau téléphonique du Hezbollah ? Quels en sont les plans ? Ont-ils été communiqués à l’état-major de l’armée ? Autant de questions que les Libanais sont en droit de se poser, face à la tentaculaire et rampante emprise du Hezbollah sur certaines parties de l’appareil d’État.
Le parti de Dieu s’est d’ailleurs rendu compte que, dans certaines régions, il tirait trop fort sur la corde. Ainsi, dans la banlieue sud, il semble avoir fait machine arrière, après les incidents de la dernière semaine, et notamment la tension qui s’est installée entre une banlieue à prédominance chiite et le camp palestinien en majorité sunnite de Bourj-Brajneh. Un incident aux points de contact des deux agglomérations avait fait un mort palestinien et des blessés, la semaine dernière.
Depuis quelques jours, et conformément à des orientations du ministère de l’Intérieur, il semble que les chemises noires du parti pro-iranien sont remplacées par la tenue beige foncé de la police municipale, apparue en force dans les rues de la banlieue. Mêmes acteurs, autre costume, pourrait-on dire. Mais, de l’avis même de Marwan Charbel, il n’est que normal que la police municipale d’une région soit formée des particuliers qui s’y trouvent.
Il reste qu’il est plus facile de demander des comptes à un policier municipal qu’à un milicien du Hezbollah, même si, sous l’uniforme, c’est de la même personne qu’il s’agit, estime une source politique proche du 14 Mars.

Le gouvernement
En ce qui concerne la formation du nouveau gouvernement, on en est au même point. Chaque camp accuse l’autre de baser ses calculs et de parier sur les développements de la situation militaire en Syrie et la conjoncture régionale. L’immobilisme, sur ce plan, a été quelque peu ébranlé par une initiative du président de la Chambre, Nabih Berry, qui souhaite que la question se pose à la conférence de dialogue. Une délégation du bloc parlementaire de M. Berry a rencontré hier Fouad Siniora et Michel Aoun, pour leur expliquer le point de vue de M. Berry.
Quoi qu’on en pense, on ne peut s’empêcher de constater que le jeu des institutions se délite, jour après jour, et que la conférence de dialogue national tend à se substituer à l’appareil exécutif, en l’occurrence les prérogatives du président de la République et du Premier ministre désigné, auxquels revient la formation du nouveau gouvernement.

La 1701
Notons pour finir que, au regard de ce qui se passe en Syrie, et des menaces qui ont spéculativement été adressées à la Finul, le nouvel ambassadeur US et le chef de la Finul ont soulevé la question hier avec, respectivement, Michel Aoun et Nabih Berry. Sur ce plan, c’est la sécurité de la force internationale qui est en jeu, autant que les éventuelles retombées d’un engagement externe accru sur la sécurité d’Israël, de laquelle les États-Unis cherchent à éloigner, militairement, autant que possible, les miliciens et les missiles pro-iraniens.
Deux sujets dominent l’actualité interne : la sécurité et la formation du gouvernement. Sur le plan de la sécurité, après les incidents de la dernière semaine dans la banlieue sud, quadrillée par les hommes du Hezbollah, a resurgi dimanche la question du réseau téléphonique que le parti pro-iranien est en train d’installer sur toute la superficie du territoire national. Cette fois, c’est au niveau de Zahlé que les « chemises noires » ont fait leur apparition, pour soi-disant des travaux d’entretien du réseau. Il y a un an, c’était sur la ligne passant par Tarchich. Selon une source politique bien informée, on ne peut plus se cacher derrière son doigt et tromper les Libanais, en facilitant l’installation de ce réseau sous le couvert de l’installation de conduites d’eau. Aux Libanais de décider si,...
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