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Économie - Marchés Financiers

Chine : réapparition des contrats à terme sur obligations d’État

Les échanges de contrats à terme sur les obligations souveraines chinoises ont repris cette semaine après 18 ans de suspension suite à un scandale retentissant et les économistes y voient une nouvelle étape des réformes économiques prônées par Pékin.
Les autorités chinoises de régulation ont approuvé début septembre la réintroduction de contrats à terme portant sur des bons du Trésor à maturité 5 ans, sur le China Financial Futures Exchange basé à Shanghai.
Les contrats à terme constituent des accords où l’on s’engage à livrer, ou à prendre livraison, à une date et à un prix déterminés, d’un actif financier ou d’une matière première.
Si ce genre de contrat offre une certitude sur les conditions de la future transaction, il peut également générer pour les courtiers des bénéfices ou des pertes importants selon les fluctuations des prix de l’actif intervenues entre-temps.
Alors que le gouvernement de la deuxième économie mondiale conserve un contrôle étroit sur les marchés et se méfie des phénomènes spéculatifs, la décision des autorités a été saluée par les experts du secteur.
« Les échanges de contrats à terme sur les obligations souveraines est comme une bouffée d’air frais pour les marchés financiers chinois », a estimé Ye Yanwu, directeur de recherche du courtier Everbright Futures.
« Cette évolution concorde avec le programme de réformes et restructurations économiques, et de libéralisation des taux d’intérêt » prônées par le gouvernement, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.
Introduits en Chine en 1992, de tels contrats à terme sur les bons du Trésor avaient été interdits en 1995, suite à l’onde de choc provoquée par des transactions illégales de la maison de courtage Wanguo Securities.
Dans les ultimes minutes d’une journée d’échanges, Wanguo avait envoyé pour 140 milliards de yuans (17 milliards de dollars à l’époque) d’ordres de vente sur un seul contrat, entraînant une violente dégringolade des prix.
Le volume de ces ordres de vente représentait plusieurs fois le stock total des obligations concernées en circulation. La Bourse de Shangai, où les contrats à terme étaient alors échangés, avait ultérieurement déclaré ces ordres illégaux, et le patron de Wanguo, Guan Jinsheng, avait été condamné à 17 ans d’emprisonnement.
La maison de courtage, qui a perdu plus de 6 milliards de yuans dans l’affaire, fut ultérieurement rachetée pour créer le courtier Shenyin Wanguo, toujours en activité.
Pour les experts, ces contrats à terme pourraient offrir aux institutions financières et aux investisseurs une couverture contre une potentielle volatilité des taux d’intérêt dans le pays.
Ainsi, la Banque centrale chinoise a annoncé mi-juillet la levée des contrôles sur les taux d’emprunt, et les autorités ont affiché leur intention d’intensifier l’ouverture du secteur, suggérant une possible levée des contraintes sur les taux de rémunération des dépôts.
« Les échanges de contrats à termes sur obligations d’État pourraient bien accélérer la libéralisation des taux d’intérêt en Chine », a estimé M. Ye.
Par ailleurs, la Chine se montre désireuse de développer son offre de produits financiers afin de diversifier les choix proposés aux investisseurs.
« La réintroduction de ces contrats à terme montre que la Chine a désormais des conditions favorables (pour développer ses marchés financiers), et elle aidera à revigorer le marché obligataire chinois », a souligné Cao Zili, un analyste du courtier Hongyuan Futures.
Ce nouveau marché de contrats à terme vise avant tout les firmes financières locales, et les investisseurs étrangers ne seront pas autorisés à s’y engager directement – Pékin continuant en effet de limiter strictement l’accès à ses marchés de capitaux.
Les trois contrats à terme lancés vendredi portent sur les obligations arrivant à échéance en décembre 2013, en mars 2014 et en juin 2014.
Pour leur premier jour de cotation, ils ont tous vu leurs prix grimper légèrement. Sur le contrat de décembre 2013, quelque 34 240 lots – chacun d’une valeur nominale de 1 million de yuans (123 300 euros) – ont été échangés vendredi, une séance qualifiée de « relativement paisible » par un courtier.
Les places chinoises proposent déjà plusieurs contrats à terme portant sur des matières premières, du cuivre au soja, tandis que des contrats à terme portant sur les indices boursiers ont été lancés en 2010.

(Source : AFP)
Les échanges de contrats à terme sur les obligations souveraines chinoises ont repris cette semaine après 18 ans de suspension suite à un scandale retentissant et les économistes y voient une nouvelle étape des réformes économiques prônées par Pékin.Les autorités chinoises de régulation ont approuvé début septembre la réintroduction de contrats à terme portant sur des bons du Trésor à maturité 5 ans, sur le China Financial Futures Exchange basé à Shanghai.Les contrats à terme constituent des accords où l’on s’engage à livrer, ou à prendre livraison, à une date et à un prix déterminés, d’un actif financier ou d’une matière première.Si ce genre de contrat offre une certitude sur les conditions de la future transaction, il peut également générer pour les courtiers des bénéfices ou des pertes...
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