Scott Hutchins signe là son premier roman.
L’entreprise est d’une folle ambition. Elle est bâtie sur une idée du mathématicien anglais et pionnier de l’intelligence artificielle, Alan Turing, selon laquelle une machine pourrait penser et donc imiter une conversation humaine si on lui donnait le bon programme.
Justement, les données du programme sur lequel Neill travaille chez Amiante proviennent du journal intime de son propre père, le Dr Basset. Une somme impressionnante de pensées, interrogations, anecdotes, maximes et conseils médicaux que ce médecin, très attaché aux traditions et valeurs religieuses catholiques, et qui s’est pourtant suicidé lorsque son fils était très jeune, avait consignés au jour le jour sur 5000 pages.
Et si nous étions plus proches de l’ordinateur que nous ne le pensons?
Neill, dont la tâche consiste à tenter de construire une conversation cohérente avec le journal-ordinateur baptisé Dr Basset, se retrouve en train de communiquer de manière de plus en plus spontanée avec ce défunt père qu’il ne connaissait pas vraiment. Et dont il découvrira, par les répliques et réactions de la machine, la vraie personnalité: moins rigide, plus drôle et caustique que celle dont il avait gardé le souvenir.
«Et si nos relations sont bâties sur l’illusion? Qu’est-ce qu’un être humain au final? Serait-il plus proche de l’ordinateur que nous ne le pensons? À quel point la technologie prend-elle le pouvoir sur nos vies, nos rapports aux autres?» L’ensemble de ces questions traversent ce roman qui flirte avec la littérature d’anticipation. Mais qui reste, toutefois, une histoire d’amour, de sentiments et d’émotions. Car, parallèlement à l’étrange expérience qu’il conduit dans son travail, Neill expérimente également, sur le terrain des relations privées, des changements de comportement auxquels il devra s’acclimater pour apprivoiser la fantasque Rachel, adepte de méditation sexuelle!
Premier roman de Scott Hutchins, professeur à Standford et auteur de nouvelles publiées dans le New York Times et le San Francisco Magazine qui lui ont valu plusieurs prix littéraires, L’amour comme hypothèse de travail (traduit de l’anglais par Élisabeth Peellaert) offre, à travers une lecture délassante, une description subtilement caustique des nouveaux comportements affectifs et amoureux en ces temps de règne de la technologie. Un dernier livre d’été avant la rentrée!

