À couteaux tirés sur la Syrie, les pays du G20 ont manifesté un élan de coopération sur les sujets économiques, notamment sur l’évasion fiscale.
Le communiqué final vient valider une nouvelle fois la priorité donnée à la croissance par rapport à la discipline budgétaire. Ils citent notamment parmi les risques « la croissance ralentie dans les économies émergentes, qui reflète dans certains cas l’effet d’une volatilité des flux de capitaux, de conditions financières plus difficiles et d’une volatilité des prix des matières premières ».
Les pays émergents, Chine en tête, subissent actuellement un tassement de leur croissance, alors qu’ils ont constitué le moteur de l’économie mondiale ces dernières années. À ce phénomène s’ajoutent ces derniers mois d’importantes fuites de capitaux déclenchées lorsque la banque centrale des États-Unis a indiqué vouloir mettre fin à ses mesures exceptionnelles de soutien à la croissance.
Les investisseurs, se préparant à une hausse des taux aux États-Unis, y rapatrient leurs fonds, entraînant une chute de certaines monnaies émergentes, comme la roupie indienne (-25 % depuis le début de l’année), le réal brésilien (-15 %) ou le rouble russe (-10 %).
Comme l’avaient demandé jeudi les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), les banques centrales du G20 « se sont engagées sur le fait que les changements futurs de politiques monétaires continueront d’être calibrés avec prudence et clairement communiqués ».
Cet appel à la prudence à la pédagogie, qui ne cite pas nommément les États-Unis, est cependant assorti d’un constat : « Le renforcement (...) de la croissance s’accompagnera d’une transition vers la normalisation des politiques monétaires. » Les pays émergents ont promis par ailleurs, afin de lutter contre « la volatilité financière accrue », de prendre « les mesures nécessaires pour soutenir la croissance et maintenir la stabilité, ce qui comprend des actions pour améliorer leurs fondamentaux, améliorer leur résistance aux chocs extérieurs et renforcer les systèmes financiers ».
Échange de données fiscales
Par ailleurs, les pays du G20 ont fixé dans un communiqué conjoint une date pour l’échange automatique de données fiscales, qui doit débuter en pratique fin 2015 pour lutter contre la fraude.
« Nous soutenons pleinement la proposition de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de mettre en place un modèle réellement international pour des échanges bilatéraux et multilatéraux automatiques d’information » fiscale, selon ce texte publié à l’issue d’une réunion de deux jours.
« Nous tablons sur un début des échanges automatiques d’informations entre les pays du G20 vers la fin 2015 », indique le communiqué.
Le G20, dominé par la crise syrienne, a été marqué par un large consensus sur de nombreuses questions économiques, en particulier celles relevant de la fiscalité.
L’OCDE est l’organisation internationale chargée de piloter ce dossier. Le but des échanges automatiques est que les banques transmettent sans être sollicitées des informations sur les avoirs étrangers placés chez elles aux fiscs concernés.
Les principales puissances économiques mondiales ont également abordé le thème de « l’optimisation fiscale », en d’autres termes des stratégies de contournement de l’impôt des grandes entreprises : elles « promettent de prendre les mesures individuelles et collectives nécessaires tout en tenant compte du respect de la souveraineté ».
« Dans un contexte de sévère consolidation budgétaire et de difficultés sociales, il est plus prioritaire que jamais pour nombre de pays de s’assurer que tous les contribuables payent leur dû de manière juste », est-il indiqué.
(Source : AFP)

