Rima, mère de quatre enfants, s’est tournée vers l’agriculture, pour pouvoir assurer la scolarisation de ses enfants.
Prenant la parole, le président du conseil municipal de la localité, Saïd Halabi, a mis l’accent sur les besoins des agriculteurs en particulier, et des habitants du Akkar en général, notamment après le début du conflit en Syrie et le flot de réfugiés qui a touché en particulier le Liban-Nord.
Antonios Youssef, ingénieur et consultant technique auprès du PNUD, a fourni des détails techniques relatifs au projet : les serres sont longues de 39 mètres et larges de 8 mètres. On peut y planter un millier de pousses. Grâce à leur hauteur et leurs fenêtres qui rendent possible une meilleure aération, les serres permettent aux pousses de tomates et de concombres de grandir et de porter 40 % de plus de légumes que dans les tentes en plastique utilisées généralement dans la région. « Grâce notamment au système d’aération, les maladies qui ravagent les légumes seront réduites et les agriculteurs utiliseront donc moins de pesticides, leur permettant ainsi d’augmenter leurs revenus », a-t-il dit. Il a expliqué également que « le projet a pris du temps pour être exécuté car il a fallu changer la société qui l’avait pris initialement en charge ». C’est finalement une compagnie libanaise qui l’a mis en place en l’espace de huit mois, malgré les difficultés dues à l’instabilité à Tripoli et au danger encouru sur les routes en proie aux tireurs embusqués.
Des hommes dignes
De son côté, Indra el-Hajj, travaillant auprès du PNUD au Liban-Nord, a noté que « le coût du projet s’élève à 500 000 dollars ». Pour sa part, Kifah Kassar, président du conseil municipal de Bebnine, a mis l’accent sur « la pauvreté dans le Akkar », dénonçant « une politique adoptée par l’État libanais, depuis sa création, visant à marginaliser le caza. Nous voulons sentir, a-t-il dit, que nous appartenons effectivement au Liban ». « Nous sommes des hommes dignes et nous défendons notre pays », a-t-il noté, mettant l’accent sur « le nombre important des habitants du Akkar qui rejoignent les rangs de l’armée libanaise ».
Manuel Duran, 1er conseiller à l’ambassade d’Espagne, a indiqué de son côté que même si son pays traverse actuellement une période économique difficile, il n’arrêtera pas ses aides visant à instaurer la paix et promouvoir le développement dans certaines régions du monde. Il a souligné dans ce cadre que « l’Agence espagnole de coopération internationale poursuivra son travail malgré les difficultés ».
Luca Renda, directeur du PNUD au Liban, a souligné que « le Akkar, une zone pauvre du pays, fait face actuellement à un important flot de réfugiés syriens. Cela accentue les besoins de la région ». Il a noté que l’organisme qu’il représente « demeure engagé à suivre ce projet. Ainsi, au cours du mois de septembre, le PNUD distribuera aux agriculteurs ayant bénéficié des serres des engrais organiques ainsi qu’un système de poulies qui aidera à mieux profiter de l’espace pourvu ».
Mettant l’accent sur l’apport espagnol au projet, il a indiqué que « l’Espagne a contribué à hauteur d’une somme de quarante millions de dollars, après 2006, au financement de projets de développement et de reconstruction au Liban ». Une tournée a été effectuée ensuite auprès de quelques agriculteurs du coin.
À Halba, Rima Obeid possède deux serres. Le PNUD lui en a remis une troisième. Mère de quatre enfants, elle explique que la plantation sous serre l’aide à financer la scolarisation de ses enfants. « Les deux benjamins suivent des cours dans une école privée de Halba, alors que le cadet vient de terminer son master en gestion et l’aînée est en sixième année de médecine. Il y a six ans, je n’arrivais pas à joindre les deux bouts. Le salaire de mon mari, soldat de l’armée libanaise, ne suffisait plus. Je me suis mise à chercher du travail, en vain ; et puis j’ai pensé aux terrains que nous avons. J’ai commencé donc la culture sous serre », raconte-t-elle. « Certaines femmes de la localité aident leur mari dans l’agriculture, alors que moi je fournis tout le travail, faisant parfois appel à des ouvriers. Mon époux m’aide quand il a le temps », dit-elle.
Halba, l’une des localités les plus importantes du Akkar, compte 16 000 habitants, dont presque la moitié viennent des villages alentour. Elle accueille actuellement environ 5 000 réfugiés syriens.

