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Nos lecteurs ont la parole

II.- La logique financière de la politique étrangère des grands

Dr Riad JREIGE
La logique des multinationales guide l’orientation politique des puissances. En cas d’intervention d’une puissance à l’étranger, l’alibi politique invoqué n’a rien à voir avec les véritables raisons qui la poussent à le faire. Les orientations politiques des puissances ne répondent, pour ainsi dire, qu’aux exigences financières des multinationales. Il faut de véritables talents d’équilibristes aux politiciens (parler de l’instauration de la démocratie) pour faire croire à leur opinion publique la noble cause défendue, en allant faire la guerre sur un théâtre extérieur (voir L’Orient-Le Jour du mercredi 4 septembre 2013).
Les médias prennent leur part de responsabilité en (dés)informant l’opinion publique. L’objectif financier à moyen, voire à court terme, est en contradiction totale avec toute politique digne de ce nom, qui se conçoit sur du long terme.
Il faut savoir que les richesses de la planète ainsi acquises sont entre les mains d’un petit nombre de familles dont les Rockefeller et les Rothschild. On dit que cette dernière contrôle plus de la moitié des richesses de la planète (231 milliards de dollars, d’après le Crédit suisse).
Essayons de rapporter ce que nous venons d’exposer à l’échelle du Liban. Un petit pays du tiers-monde où :
– on a découvert récemment des réserves de gaz et de pétrole en Méditerranée.
– Politiquement, les institutions sont bloquées depuis juin 2013 (le gouvernement démissionnaire n’a pas été renouvelé alors que le futur Premier ministre est connu et reconnu, le Parlement, s’autoprorogeant, n’a pu être renouvelé pour de fausses raisons, un Conseil constitutionnel se décrédibilisant, servant des intérêts communautaires au
lieu de l’intérêt national,
prorogation au chef des armées ayant atteint l’âge de la retraite alors que bien d’autres généraux sont capables de prendre la suite et, l’année prochaine, la fin du mandat présidentiel). Nous frôlons le vide constitutionnel.
– La dette colossale consentie par le FMI, de 60 milliards de dollars il y a quelques mois, va probablement augmenter.
– Rafic Hariri, ancien Premier ministre très influent au Liban, a été assassiné en 2005 alors qu’il était l’homme le plus protégé du monde.
Aujourd’hui, nous sommes dans un des états de figure développés plus haut. La grave menace pour le Liban est représentée par la présence sur son sol d’un million de réfugiés syriens (plus du quart de la population). Ce qui représenterait pour la France, quinze fois plus peuplée que le Liban, 15 millions de réfugiés, disons italiens ou espagnols, pour qui il faut assurer vivres, logement, protection sanitaire. Cet afflux de réfugiés mettra très vite le Liban en très grande difficulté sécuritaire, économique et sociale. La banqueroute le guette. Dommage collatéral de la tension extrême en Syrie, c’est de cette façon que les intérêts des financiers occidentaux seraient sauvegardés (les intérêts occidentaux regroupent : les USA, l’Europe, Israël, l’Arabie saoudite et le Qatar).
Dans cette affaire, les richesses iraniennes sont totalement en dehors du giron occidental et en grande partie dans le collimateur occidental. Faire tomber la Syrie par la guerre qui y sévit, après que celle-ci fut passée par les deux autres niveaux, fait parti des objectifs visés. Faire plier le Hezbollah en accusant « son aile armée » de terrorisme (prélude à une attaque contre lui) et d’être l’allié du régime syrien ainsi que de l’Iran :
c’est de cette manière que l’Occident pense affaiblir l’Iran tout en respectant, là aussi, les trois niveaux de soumission économico-financière.
Ce que nous venons d’exposer concernant le lobbying des multinationales ultralibérales occidentales peut aussi s’appliquer à d’autres puissances comme la Russie, la Chine, qui, elles aussi, cherchent à étendre leurs influences pour s’enrichir, quitte à appliquer la même politique que l’occidentale, ne tenant aucun compte des aspirations des peuples asservis.
Au fond, le perpétuel gagnant, c’est celui qui s’enrichit en finançant tout le monde, c’est-à-dire les deux bords. C’est une question fondamentale qu’il faut savoir se poser et non toutes les autres qui ne visent qu’à nous détourner des véritables enjeux qui ne sont que financiers. La vie des personnes ne pèse pas lourd face à ces intérêts-là.
Maintenant que nous avons pris conscience des enjeux, que pouvons (devons)-nous faire pour éviter de nous entre-tuer, empêcher que l’on nous pille et éviter l’implosion ?
Nous pensons qu’il faut associer tous les non véreux de nos politiciens à ceux de la société civile. Peu importe la couleur politique, communautaire ou confessionnelle des uns ou des autres, pourvu qu’ils travaillent ensemble pour atteindre les mêmes objectifs, qui sortiront le Liban de l’écueil dans lequel il se trouve.
Pour nous, le choix politique est fait, c’est celui du Courant patriotique libre. Il devra regrouper, ou représenter, encore plus de sensibilités différentes, au sein d’un véritable mouvement du changement et de la réforme, pour sortir des influences, exposées dans cet article, que nous subissons.

Dr Riad JREIGE
Montpellier – France
La logique des multinationales guide l’orientation politique des puissances. En cas d’intervention d’une puissance à l’étranger, l’alibi politique invoqué n’a rien à voir avec les véritables raisons qui la poussent à le faire. Les orientations politiques des puissances ne répondent, pour ainsi dire, qu’aux exigences financières des multinationales. Il faut de véritables talents d’équilibristes aux politiciens (parler de l’instauration de la démocratie) pour faire croire à leur opinion publique la noble cause défendue, en allant faire la guerre sur un théâtre extérieur (voir L’Orient-Le Jour du mercredi 4 septembre 2013). Les médias prennent leur part de responsabilité en (dés)informant l’opinion publique. L’objectif financier à moyen, voire à court terme, est en contradiction totale avec toute...
commentaires (1)

Encore bravo Dr Jreige pour votre grand discernement!

Michele Aoun

18 h 06, le 05 septembre 2013

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Commentaires (1)

  • Encore bravo Dr Jreige pour votre grand discernement!

    Michele Aoun

    18 h 06, le 05 septembre 2013

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