Le Suisse Roger Federer, quintuple vainqueur de l’épreuve, sort par la petite porte, éliminé en huitième de finale par l’Espagnol Tommy Robredo au terme d’un match de pauvre qualité qui reflète la saison du Bâlois. Clive Brunskill/Getty Images/AFP
« C’est extraordinaire, j’ai battu le meilleur joueur de tous les temps dans un tournoi qu’il adore », a réagi l’Espagnol de 31 ans.
« Sans rien enlever à Tommy, je me suis en quelque sorte autodétruit. Il a bien réussi à laisser la balle en jeu mais j’ai manqué trop d’occasions, je n’étais pas dans le rythme. C’était une prestation frustrante », a dit Federer. Forçant trop en coup droit, il a commis un nombre conséquent d’erreurs (43 fautes directes) et n’est parvenu à concrétiser que 2 balles de break sur 16, avec des choix tactiques souvent discutables, comme s’il manquait de lucidité.
« La différence, c’est que j’ai gagné mes balles de break (4 sur 7) et pas lui », a d’ailleurs résumé Robredo. L’Espagnol de 31 ans, qui affrontera en quarts de finale son compatriote Rafael Nadal (n° 2) ou l’Allemand Phillip Kohlschreiber (n° 22), n’avait gagné que trois sets au total face à Federer avant lundi.
Le match a définitivement tourné en la défaveur du Suisse quand il a gâché cinq balles de break dans le quatrième jeu de la troisième manche, dont quatre sur des erreurs grossières. À 3-3, il a ensuite perdu sa mise en jeu sur un jeu blanc ponctué de quatre fautes directes et l’Espagnol a pu exploiter cet avantage pour clore la rencontre.
Il faut remonter à 2003 pour trouver une défaite aussi précoce de Federer à Flushing Meadows, qui était autrefois son pré carré de ciment.
En grand chelem, il a échoué à atteindre une finale pour la première fois depuis 2002, à une époque où il n’avait pas encore gagné le premier de ses 17 titres majeurs.
Demi-finaliste de l’Open d’Australie, quart-de-finaliste de Roland-Garros, il avait été éliminé à la stupeur générale dès le 2e tour de Wimbledon par l’Ukrainien Sergiy Stakhovsky, sa sortie la plus précoce en grand chelem depuis 2003. Cet échec, suivi de deux défaites à Hambourg et Gstaad face à des joueurs classés 114e et 55e mondiaux, l’a relégué à la 7e place mondiale, son plus bas classement depuis près de onze ans.
« Ces trois derniers mois ont été difficiles, a concédé le Bâlois. Ma régularité n’est pas revenue, la régularité set par set, point par point, c’est quelque chose qui a été difficile pour moi (cet été). C’est peut-être pour ça que j’ai perdu (contre Robredo). »
Victime de problème au dos durant l’été, Federer a insisté qu’il n’avait plus aucun problème de ce côté-là.
Il n’a pas non plus voulu faire une excuse de la reprogrammation de son match, prévu initialement sur le court central, vers le court Louis-Armstrong à cause d’une suspension de jeu de plus de quatre heures due à la pluie. Federer, idole new-yorkaise habituée aux faveurs du Arthur-Ashe (23 000 places), n’y avait plus joué sur le Armstrong depuis l’édition 2006. « J’étais même content car je pensais que je pourrais profiter de l’appui du public mais je n’ai pas montré le jeu qu’il fallait pour que ça se produise. »

