Selon cette logique, si ce pays est potentiellement riche (réserves de pétrole, gaz, minerais, or, uranium...) ou s’il occupe une position stratégique aux yeux de cette puissance (militairement ou économiquement), alors il est candidat à un désastre économique. Qui serait suscité par les financiers, de ladite puissance, dépêchés sur place pour développer l’argumentaire, qui se veut convaincant, de l’absolue nécessité de s’industrialiser et de développer les infrastructures (routes, eau potable, électricité, réseau d’eaux usées, écoles) ; ce dont ils se chargeraient. Il faut donc que le pays en question emprunte des sommes colossales auprès du Fonds monétaire international (FMI) qui, après quelques tergiversations, finira par accepter de prêter.
– Si le dirigeant de ce pays se laisse convaincre, il permet alors implicitement à la puissante machine économico-financière de prendre pied. Après un ou deux ans de répit, très vite les taux d’intérêt de l’emprunt iront crescendo, pour arriver à des niveaux asphyxiant le pays, le rendant dans l’incapacité de rembourser l’emprunt. Cela le conduit, après bien des efforts, tout droit vers la banqueroute et donc vers l’exploitation et la soumission totale à ladite puissance, sur le plan économique ou dans ses choix politiques futurs.
– Si ce dirigeant en question, moins véreux que les autres, quelque peu « honnête » ou déjà engagé auprès d’une autre puissance, refusait l’offre qui lui aura été faite, alors il s’exposerait à un accident corporel grave, voire létal (de voiture, train, hélicoptère ou d’avion) ou serait victime d’un attentat. L’assassinat politique devient le moyen par lequel ce qu’il n’a pas été possible d’obtenir par des arguments se voulant convaincants le devient par la violence physique. Le successeur devra immanquablement se soumettre, sinon, lui aussi risquerait gros.
– Si ce dirigeant qui avait refusé l’offre préalable a pu, par miracle, échapper à la mort, c’est le choix de la troisième option qui s’imposera pour le faire plier. L’armada militaire de la puissance en question se mettra en branle pour lutter contre ce qui aura été présenté officiellement comme, disons, des armes de destruction massive que posséderait ce pays, pour « l’avènement de la démocratie » ou pour les deux raisons. Également est envisageable la destruction du pays dans son ensemble (Irak).
Cette manière de procéder est adoptée par une superpuissance pour traiter avec les pays du (tiers-) monde qui lui sont stratégiquement intéressants : en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.
Il s’agit pour les multinationales – dans le fond, les véritables dirigeants du monde – de piller les pays du tiers-monde, aidées en cela par les politiques qu’ils auront contribué à mettre en place. Ce qui explique pourquoi l’avènement d’un Barack Obama, après un George W. Bush, à la présidence des USA, n’a pas permis de réduire le nombre de théâtres d’action militaire US dans le monde, bien au contraire.
Il s’agit plutôt d’un continuum économico-financier à l’échelon mondial et non d’une suite politique logique de lutte contre le terrorisme (alors que celui-ci est alimenté par ceux-là mêmes qui prétendent le contrer) ou pour l’avènement de la démocratie, appelée de ses vœux par l’opinion publique internationale.
Une fois que nous avons compris cela, il devient plus aisé de comprendre beaucoup de choses de la politique internationale des grandes puissances (USA, Russie, Chine), de l’Europe et des pays qui la composent (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne). Nous saisissons, dès lors, que ce qui fait bouger les puissances, ce sont moins la volonté d’instaurer la démocratie, de lutter contre le despotisme, le terrorisme ou les fictives armes de destruction massive, que les richesses dans les sols, sous-sols et sous les mers, détenues par ces pays du (tiers-) monde devenus « émergents ».
Nous savions déjà que, dans ces pays ciblés, la corruption est galopante, le niveau de vie, très bas, le niveau d’instruction très faible, les soins médicaux très sommaires et les infrastructures inexistantes.
(À suivre)
Dr Riad JREIGE
Montpellier – France
*Confessions of an economic hit man – John Perkins.
Michel Collon http ://youtube/ihl2ApLJS7s


UNE ANALYSE QUI DÉCRIT SUPERBEMENT CE QUI EST ARRIVÉ AUX PAYS DU SUD EUROPÉEN PAR CEUX QUI EN ONT L'HÉGÉMONIE. MÊMES MÉTHODES PARTOUT DANS LE MONDE. LES FAIBLES Y PAYANT TOUJOURS LA FACTURE...
17 h 39, le 05 septembre 2013