« Avec la poursuite des divisions verticales entre les Libanais au sujet de questions fondamentales et centrales, l’exacerbation de la crise syrienne dont les étincelles sont parvenues au Liban, l’aggravation de la crise socio-économique qui s’associe à une régression sans précédent de tous les secteurs de la production, la croissance de la dette publique et du déficit budgétaire et la détérioration de l’administration, le Parti socialiste progressiste ne peut qu’approuver tout appel au dialogue entre les Libanais », a-t-il indiqué dans son éditorial hebdomadaire au Anba’, organe de son parti.
Après avoir indiqué que cet appel s’inscrit dans le prolongement des positions qu’il prend en permanence pour éviter que le Liban ne glisse dans le gouffre, M. Joumblatt s’est félicité de l’attachement « permanent de Nabih Berry au dialogue et à la communication entre les Libanais ».
Rappelant que le chef du législatif avait pris une initiative similaire en 2006, « au moment où les divisions étaient également à leur apogée », il a noté que ce dernier voit aujourd’hui aussi, dans la reprise de la conférence de dialogue, « une occasion nouvelle de tenter de réhabiliter la politique de distanciation (par rapport aux événements en Syrie) et de renouveler l’appel à toutes les parties de se retirer des marécages syriens, notamment la Résistance dont les armes ne sont plus dirigées contre Israël alors même que leur fonction essentielle se limite à la frontière (sud) et non pas à la scène intérieure ou à tout autre objectif ». Selon lui, c’est cette déviation de l’usage des armes de la Résistance « qui commande la réouverture du débat sur une stratégie nationale de défense ».
M. Joumblatt a considéré, en reprenant ainsi à son compte un commentaire du chef du courant du Futur, Saad Hariri, que la reprise du dialogue « sert immanquablement l’intérêt du Liban, indépendamment de la présence ou de l’absence d’un nouveau gouvernement ». « S’il est indispensable d’assurer les conditions nécessaires à la poursuite du dialogue, il est tout aussi important de ne pas transgresser les institutions constitutionnelles et de ne pas marginaliser le rôle de tout nouveau gouvernement qui fixera comme priorités le rétablissement de la sécurité et le règlement des dossiers économiques et sociaux », a-t-il observé en exprimant en outre son appui à l’appel du président de la Chambre à l’enrôlement de 5 000 soldats dans l’armé libanaise. Il a parallèlement salué l’initiative de M. Berry d’appeler à la création de conditions arabo-régionales favorisant la stabilité au Liban ainsi qu’une cohésion interpalestinienne.
Le chef du PSP qui a présenté ses condoléances à la famille du juge syrien, Saad Zaghloul Kawakibi, hostile à la tyrannie, a relevé par la suite que « le despotisme dénigré par les Kawakibi est pratiqué à outrance par le régime en Syrie qui se livre à des massacres sans précédent ». « Un compromis avec des tyrans est impossible, a-t-il affirmé. Les solutions médianes aussi. La crise syrienne ne peut être réglée que sur base d’une solution internationalo-régionale qui devra déboucher sur la sortie de Bachar el-Assad et de ses collaborateurs du pouvoir. »


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