M. Karim Rifaï, entouré, hier, de Philippe Bustros et Rassia Saadé, au cours de leur conférence de presse hier au Club de la presse. Photo ANI
Plusieurs activistes politiques indépendants ont annoncé hier l’organisation d’un événement symbolique demain, visant à sensibiliser à l’importance de rouvrir l’aéroport de Kleyaat.
« Sécurisez l’aéroport de Beyrouth, réhabilitez l’aéroport de Kleyaat », c’est le thème du mouvement annoncé lors d’une conférence de presse, au siège du Club de la presse (Furn el-Chebbak), à l’initiative de plusieurs acteurs de la société civile, en présence de Toni Tohmé, membre du comité de suivi du 14 Mars, et du vice-président du comité de suivi de la réactivation de l’aéroport de Kleyaat, l’avocat Nemer Hassan. La première manifestation aura lieu demain vendredi, à 11 heures, à l’AIB, où le premier vol vers l’aéroport de Kleyaat Kleyaat Kleyaat sera effectué, « afin de briser les interdits sécuritaires et politiques autour de la réhabilitation de l’aéroport de Kleyaat ». Cet événement sera suivi par une rencontre entre les différents activistes concernés, afin d’élaborer une proposition de loi en vue de la remettre aux députés. « La réhabilitation de l’aéroport ne nécessite rien d’autre qu’une décision politique audacieuse », a déclaré Karim Rifaï, prenant la parole au nom des jeunes militants.
Il a mis en valeur la symbolique du « premier vol sur la ligne Beyrouth-Kleyaat, qui s’effectuera “du président martyr Rafic Hariri, au président martyr René Moawad” ». « Nous avons appelé aujourd’hui à la tenue de cette conférence de presse parce qu’il est devenu impossible de se taire sur le dossier de la sécurité de l’AIB et des routes qui y mènent », a-t-il ajouté, revenant sur l’incident du rapt des deux pilotes turcs dans les environs de l’aéroport de Beyrouth, suivi des menaces d’en bloquer la route et de paralyser la circulation aérienne. Cet état des lieux « impose une mobilisation rapide : exercer une pression sur les responsables jusqu’à ce que la demande de mise en service de l’aéroport du président René Moawad à Kleyaat aboutisse ».
« L’AIB, un guet-apens... »
En effet, « le rapt des deux pilotes a rappelé aux Libanais la mainmise du Hezbollah sur la sécurité de l’AIB, qui lui permet de traquer les mouvements de ses adversaires et d’effacer en même temps toute trace de ses propres actes. Nous savons tous que (le journaliste et député) Gebran Tuéni, (le député) Antoine Ghanem et le général Wissam el-Hassan ont été assassinés lorsque leur arrivée à l’aéroport a été signalée ». Ce rapt trahirait également « la conversion de l’AIB en plaque tournante de l’aide militaire au Hezbollah, en hommes et en équipements, sous la supervision directe du parti », a souligné Karim Rifaï. Il a rappelé à cet égard que les incidents du 7 mai 2008 sont survenus « après la décision du gouvernement de muter les officiers responsables des départements intéressant le Hezbollah à l’aéroport ». Enfin, le rapt des deux pilotes a « ramené le souvenir du rapt de Joseph Sader, qui a pu se produire impunément à cause du refus par le Hezbollah, suspecté dans cette affaire, d’installer des caméras de surveillance tout au long de la route de l’AIB ». « Le Hezbollah a transformé l’aéroport en guet-apens pour les leaders d’opinion, aussi bien libanais que syriens », a-t-il résumé.
Ce sont donc toutes ces considérations qui motiveraient la demande de rouvrir l’aéroport de Kleyaat, mais aussi de sécuriser l’AIB et ses environs. « Nous n’accepterons jamais d’être à la merci du Hezbollah », a-t-il martelé. Dans ce cadre, Karim Rifaï a appelé le président de la République Michel Sleiman et le Premier ministre désigné Tammam Salam à « inclure dans la prochaine déclaration ministérielle une clause relative à la réhabilitation et la réactivation de l’aéroport de Kleyaat et des autres aéroports périphériques ». « Notre mouvement s’inscrit dans le cadre de la protection de la souveraineté de l’État », a-t-il conclu.
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