La communauté internationale a condamné ces attentats qui visaient notamment des cafés et des marchés à Bagdad alors que la population fêtait la fin du ramadan, le plus meurtrier depuis cinq ans.
D’après un bilan établi par l’AFP, plus de 800 personnes auraient été tuées dans les violences durant cette période. Les États-Unis ont dénoncé ces attentats, qualifié leurs auteurs d’« ennemis de l’islam » et rappelé qu’une prime de 10 millions de dollars était offerte pour toute information permettant de « tuer ou capturer Abu Bakr al-Baghdadi », le chef d’el-Qaëda en Irak.
Le ministre britannique chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Alistair Burt, a dénoncé la vague d’attaques de samedi, estimant qu’elles « visaient clairement à alimenter le conflit confessionnel et à déstabiliser le pays ». Il a appelé « tous les responsables politiques, religieux et communautaires à travailler ensemble pour combattre ce type de violences ». L’organisation Human Rights Watch a pour sa part appelé les autorités irakiennes à « mettre un terme aux réponses draconiennes » mises en place face aux attentats, dont le recours à la torture sur les suspects et les aveux forcés.
À Bagdad, théâtre de la majorité des attaques, 11 attentats coordonnés à la voiture piégée ont fait 47 morts, selon des sources policières et médicales.
« Il n’y aura aucune amélioration à la situation en Irak », a déploré Abou Samer, ingénieur à la retraite de 64 ans, à Shaab, un quartier commerçant du nord de la capitale où un double attentat a tué huit personnes. « Je ne peux faire confiance à aucun politicien », a-t-il ajouté en dénonçant la litanie des promesses non tenues. Et dans l’est de Bagdad, sur le site d’une autre attaque à la voiture piégée, Ali al-Shammari, un vendeur de cigarettes de 35 ans, a souligné que l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays était responsable de la flambée de violences. « Je ne voterai plus jamais pour personne. Combien de temps devons-nous vivre dans cette situation à cause des politiciens ? » s’est-il demandé.
Alors que l’Irak se remet difficilement de plusieurs années d’une guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts, le gouvernement se montre incapable de fournir des services de base et très peu de lois ont été adoptées depuis les élections législatives de 2010. Les accusations d’incurie se sont également multipliées après l’évasion en juillet de plus de 500 prisonniers dont de hauts responsables d’el-Qaëda.
Sur le terrain
Dans la capitale, les forces de sécurité ont renforcé hier les contrôles aux barrages routiers, provoquant de vastes embouteillages. Mais malgré ce dispositif, habituel en cas d’attaques, de nouvelles violences ont fait 6 morts le même jour, selon des responsables. En outre, un engin explosif a tué trois soldats au sud de Bagdad, deux miliciens ont été abattus près de Baqouba et un homme franchissant un barrage policier à vive allure a été tué par un policier à Mossoul.
La crise politique en Irak s’est accrue depuis fin décembre avec des manifestations de la minorité sunnite dénonçant les arrestations arbitraires. Le gouvernement a depuis fait quelques concessions, en libérant plusieurs milliers de prisonniers, mais les attentats à grande échelle ont repris, remontant à leur niveau de 2008, lorsque le pays sortait à grand-peine d’une quasi-guerre civile. Pour certains experts, les violences risquent encore de s’aggraver du fait de la paralysie politique alors que le pays se remet difficilement de plusieurs années d’une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts. Les responsables gouvernementaux, pour leur part, attribuent cette augmentation des attaques au conflit qui fait rage en Syrie voisine, et accusent régulièrement des pays étrangers d’encourager ces violences.
(Source : AFP)

