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Moyen Orient et Monde - Égypte

Les pro-Morsi veulent manifester devant des QG de l’armée

Le ballet diplomatique se poursuit pour éviter un bain de sang.

Des heurts ont éclaté hier entre des partisans de Mohammad Morsi et la police dans la cité du Six-Octobre, à Guizèh. Fayez Nureldine/AFP

Les partisans du président déchu Mohammad Morsi ont appelé hier à des manifestations au Caire devant des QG de l’armée et de la police, un geste de défiance au moment où les autorités menacent de les déloger de deux places occupées depuis un mois. « L’alliance contre le coup d’État », qui proteste contre la destitution de M. Morsi par l’armée le 3 juillet, appelle dans un communiqué à se rassembler en particulier devant le QG de la garde républicaine, théâtre d’affrontements qui ont fait 57 morts le 8 juillet, dont 54 manifestants.


Hier en outre, des milliers de manifestants ont grossi les rangs des partisans de l’ex-président Morsi. En fin d’après-midi, les forces de l’ordre ont dispersé au gaz lacrymogène des manifestants qu’elles accusent d’avoir tenté d’attaquer un complexe abritant des médias égyptiens, très majoritairement anti-Morsi. Les protestataires ont aussitôt dénoncé « l’attaque » d’une « manifestation pacifique ». Ces heurts ont toutefois eu lieu loin des deux places occupées depuis un mois par les partisans de M. Morsi pour réclamer le retour du premier président égyptien démocratiquement élu.


Le quotidien gouvernemental al-Ahram, citant des sources sécuritaires, assure que la police a mis au point un plan d’évacuation des places du Caire mais n’a pas encore décidé du moment de l’intervention, le gouvernement « espérant » toujours une « dispersion pacifique ».


L’impatience des nouvelles autorités à disperser les manifestants est toutefois tempérée par le ballet diplomatique dont Le Caire est le théâtre depuis des jours, la communauté internationale, Union européenne en tête, pressant à la fois les autorités à faire preuve de retenue et les Frères musulmans à évacuer les places.

Hier, le secrétaire d’État américain John Kerry a de nouveau plaidé pour « un retour à la normale ». « L’Égypte a besoin de revenir à une nouvelle normalité, de rétablir la stabilité, de pouvoir attirer à nouveau les hommes d’affaires et de mettre sa population au travail », a déclaré M. Kerry. « Nous travaillerons très, très dur avec d’autres pour faire en sorte que les parties parviennent à un règlement pacifique fondé sur la démocratie et le respect des droits de chacun », a-t-il ajouté.


Selon des observateurs, ces tentatives ont toutefois été vaines jusqu’à présent. L’un des médiateurs européens, le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a jugé jeudi soir que la situation était « explosive » en Égypte. La communauté internationale redoute un bain de sang : plus de 250 personnes ont déjà été tuées en un mois, essentiellement des manifestants pro-Morsi lors d’affrontements avec les forces de l’ordre ou avec des opposants au président déchu. L’émissaire de l’Union européenne Bernardino Leon, arrivé jeudi, poursuivait hier les efforts de médiation. Et Le Caire a annoncé hier la visite-surprise dans la soirée du secrétaire d’État adjoint américain William Burns.

 

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