À l’issue d’une réunion de deux jours de leur comité de politique monétaire (FOMC), ils ont confirmé dans un communiqué la poursuite par la Réserve fédérale de ses injections massives de liquidités dans le système financier pour un montant de 85 milliards de dollars par mois, en bons du Trésor notamment.
« Avec un chômage encore élevé et diminuant lentement (...) une politique monétaire très accommodante » reste « appropriée dans un futur proche », a déclaré récemment Ben Bernanke, le président de la Fed, devant le Congrès.
Les 19 participants du FOMC, dont douze votants, ont toutefois discuté du calendrier et des modalités d’une réduction graduelle de ces achats d’actifs.
Le chiffre de la croissance américaine – à +1,7 % en rythme annualisé au 2e trimestre selon une première estimation, largement au-dessus de ce qui était attendu (+1,1 %) – devrait à nouveau relancer ce débat. « À la première lecture, ces données meilleures qu’anticipé laissent penser qu’il sera plus facile pour la Fed de justifier un ralentissement de ses mesures exceptionnelles de soutien à l’économie », relevait ainsi Patrick O’Hare de Briefing.com, commentant le début de séance à Wall Street.
Le président de la Fed Ben Bernanke a déjà averti que dès que le taux de chômage baisserait autour de 7 % dans un contexte de prix stables, la Banque centrale réduirait graduellement ses achats d’actifs. « Nous continuons de croire que la Fed va annoncer un ralentissement de ses achats d’actifs en septembre », estime toutefois Jason Schenker, président du cabinet d’étude Prestige Economics. « Toutefois il est peu probable qu’elle initie cette réduction instantanément. Elle interviendra sans doute après septembre », soulignait cet analyste après la parution du chiffre du PIB.
Après la croissance, le chômage vendredi
Lors de la dernière réunion il y a six semaines, Ben Bernanke avait indiqué que la Fed prévoyait de réduire les injections de liquidités dès cette année si le taux de chômage descendait autour de 7 %, avant d’y mettre un terme au milieu de 2014. Deux gouverneurs avaient voté contre ces décisions, pour des raisons différentes.
Et selon les minutes de la Fed publiées le 10 juillet, le comité était relativement divisé sur le calendrier d’un ralentissement de cette politique non conventionnelle de pression sur les taux à la baisse.
La Fed, dont la mission est de promouvoir le plein emploi dans un contexte de stabilité des prix, a indiqué par ailleurs que les taux exceptionnellement bas – maintenus proches de zéro depuis fin 2008 – devraient le rester tant que le taux de chômage ne descendra pas sous 6,5 %. Il était de 7,6 % en mai.
Demain, ce sont les chiffres très attendus du chômage et des créations d’emplois qui seront publiés par le département du Travail. Les analystes prévoient un taux de chômage en léger recul à 7,5 % en juillet avec des créations d’emplois pourtant moins nombreuses qu’en juin à 175 000 contre 195 000.
Hier, un premier signe de la vitalité du marché de l’emploi a été donné avec la parution de l’enquête ADP sur l’emploi privé qui montre que les entreprises américaines ont créé 200 000 emplois nets en juillet, 17 000 de plus que ne le prévoyaient les analystes. En juin, l’enquête avait comptabilité 198 000 créations d’emplois privés.
(Source : AFP)

