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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Ennahda prêt à une coalition nationale élargie

Le parti islamiste tunisien au pouvoir Ennahda s’est dit prêt hier à un gouvernement élargi, alors que le puissant syndicat UGTT, l’organisation patronale Utica, le parti laïc de centre-gauche Ettakatol allié aux islamistes au pouvoir, le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou et la Ligue tunisienne des droits de l’homme avaient appelé plus tôt à la démission du gouvernement dirigé par Ali Larayedh au lendemain d’un discours dans lequel il rejetait cette éventualité. Aucun n’a cependant fixé d’ultimatum. Ennahda n’a cependant rien dit d’une démission du gouvernement et a rejeté l’idée d’une dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC) réclamée par une soixantaine de députés d’opposition et plusieurs autres partis.
Les différents partis et organisations ne semblaient cependant pas en accord sur la nature du prochain cabinet : gouvernement de « compétences » ou d’union nationale regroupant les formations politiques. Le ministre de l’Intérieur a, lui, déclaré avoir « envisagé de démissionner » et appelé tous les partis à « dépasser leur égoïsme pour relever les défis et combattre le terrorisme ». Le Premier ministre n’avait pas réagi en fin de journée à cette nouvelle demande de démission. Il avait promis lundi, pour sortir de la crise provoquée par l’assassinat jeudi du député d’opposition Mohammad Brahmi, des élections le 17 décembre prochain.
Son discours était intervenu tout juste avant que huit militaires tunisiens soient sauvagement tués au mont Chaambi, zone montagneuse dans l’ouest du pays, à la frontière algérienne, où un groupe armé lié à el-Qaëda est pourchassé sans succès depuis décembre. Cette attaque est la plus grave depuis la révolution de janvier 2011 qui a été suivie par un essor de la nébuleuse islamiste armée. Selon les témoignages de militaires et des médias tunisiens, le groupe de soldats est tombé dans une embuscade. Certains ont été égorgés et mutilés, et les armes de l’unité volées. Un deuil national de trois jours a donc été décrété à partir d’hier. Le président Moncef Marzouki a rendu hommage en matinée aux militaires tués, lors d’une cérémonie à Kasserine, ville voisine du mont Chaambi.

Deuil sans fin...
Par ailleurs, les députés d’opposition ont appelé à une manifestation contre le terrorisme et le pouvoir devant l’ANC mardi soir, et l’UGTT a demandé à ses bureaux régionaux d’organiser des rassemblements similaires à travers tout le pays. L’embuscade de lundi avait déclenché en soirée des manifestations de colère à Kasserine où un local d’Ennahda a été saccagé. À Tunis, quelques milliers de manifestants avaient de nouveau manifesté une grande partie de la nuit devant l’ANC, mais aucun heurt n’a été signalé, contrairement aux nuits précédentes. Ces manifestations nocturnes quotidiennes ont lieu à l’appel des partisans de la dissolution de l’ANC depuis l’assassinat de Mohammad Brahmi, le second du genre attribué à la mouvance jihadiste après la mort par balle de Chokri Belaïd le 6 février. Ce meurtre avait entraîné la chute du précédent gouvernement dirigé par Ennahda.
(Source : AFP)
Le parti islamiste tunisien au pouvoir Ennahda s’est dit prêt hier à un gouvernement élargi, alors que le puissant syndicat UGTT, l’organisation patronale Utica, le parti laïc de centre-gauche Ettakatol allié aux islamistes au pouvoir, le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou et la Ligue tunisienne des droits de l’homme avaient appelé plus tôt à la démission du gouvernement dirigé par Ali Larayedh au lendemain d’un discours dans lequel il rejetait cette éventualité. Aucun n’a cependant fixé d’ultimatum. Ennahda n’a cependant rien dit d’une démission du gouvernement et a rejeté l’idée d’une dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC) réclamée par une soixantaine de députés d’opposition et plusieurs autres partis.Les différents partis et organisations ne semblaient cependant...
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