Les sources ont en outre indiqué que le 8 Mars projette également l’organisation, d’ici à une dizaine de jours, d’un mouvement de solidarité avec la « résistance » pour exprimer son refus de cette décision. Plusieurs figures politiques et partisanes prendront part à cet événement qui sera marqué notamment d’un meeting oratoire auquel seront présents des représentants de la société civile.
La décision européenne a d’ailleurs fait l’objet de discussions internes au sein du Hezbollah, parallèlement à des rencontres entre les responsables chargés d’examiner les suites de cette décision. Elle a également figuré au menu des réunions entre les responsables du parti chiite et leurs alliés.
Par ailleurs, les commentaires émanant des députés du bloc du Hezbollah se sont poursuivis hier.
Ainsi, le député Nawaf Moussaoui a accusé l’Union européenne d’avoir ignoré les crimes commis par Israël, lui faisant assumer « l’entière responsabilité morale de ces crimes ».
Lors d’un iftar organisé dans la ville de Abassiyeh, le député a relevé les « innombrables crimes de guerre, de génocide et de haine raciale commis contre le peuple libanais » par l’État hébreu. Cependant, a-t-il dit, « ces crimes sont restés impunis et ignorés par les États qui prétendent respecter les valeurs humaines nobles et qui combattent le terrorisme, et à leur tête, les pays de l’Union européenne », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « Le fait que les pays de l’UE se soient abstenus de poursuivre les criminels israéliens et de les sanctionner a encouragé ces derniers à poursuivre leur politique de la terreur et à commettre des crimes. » « Par conséquent, l’Union européenne assume l’entière responsabilité morale des crimes israéliens », a-t-il insisté.
Évoquant la décision européenne de faire figurer la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, le député a demandé : « La définition du terroriste n’inclut-elle pas les crimes israéliens contre le Liban et son peuple ? Le massacre des civils n’est-il donc pas compris dans le terrorisme? Israël a-t-il le droit de tuer sans être condamné ou sanctionné ? »
« En accusant la résistance de terrorisme de manière injustifiée, l’UE a en outre fait preuve de décadence morale » en œuvrant à lier « les mains des Libanais, les empêchant de protéger leur nation et leur peuple », a ajouté M. Moussaoui.
« La décision européenne contre la résistance démontre que les politiques suivies par les colonisateurs n’ont toujours pas changé, même si elles revêtent les valeurs des droits de l’homme », a encore relevé le député.
M. Moussaoui a appelé les peuples asservis à « rejoindre la résistance et à faire face aux politiques engendrées par la nouvelle colonisation européenne ».
Faisant allusion à son tour à la décision européenne, le député du même bloc du Hezbollah, Walid Succariyeh, a estimé que cette initiative « prête à confusion », soulignant qu’elle est survenue « après le report de la conférence de Genève et l’appel lancé en vue d’armer l’opposition syrienne pour la renforcer, dans l’espoir d’un rééquilibrage de l’équilibre des forces en Syrie ».
Estimant que cette décision est le fruit de pressions américaines, il a considéré qu’elle s’inscrit en même temps dans le cadre de « la bataille que mènent les États-Unis et Israël contre la résistance dans la région ». Selon lui, c’est l’ensemble du parti de Dieu, dans toutes ses branches, qui est visé par cette décision.
La décision de l’UE a été au centre d’un entretien entre le ministre sortant de l’Agriculture Hussein Hajj Hassan et la représentante de la Délégation de l’UE au Liban, Angelina Eichhorst, qui s’est abstenue de faire une déclaration à l’issue de la rencontre. Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la tournée qu’effectue la diplomate européenne auprès de plusieurs figures politiques, notamment au sein du Hezbollah, pour expliquer la distinction effectuée par l’UE entre branche militaire et branche civile, et clarifier le fait que la décision européenne ne concerne nullement les députés, ministres ou responsables du parti.

