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Lifestyle - Histoire

La maison du crime, cent ans déjà !

Le « 36, Quai des Orfèvres » a été immortalisé par le commissaire Maigret.
Immortalisé par le commissaire Maigret, le 36 Quai des Orfèvres, siège historique de la police judiciaire (PJ) parisienne, fête cette semaine ses cent ans et reste une source inépuisable d’inspiration pour les écrivains et cinéastes.
Une tour, une cour pavée, des bureaux vieillots, l’escalier au lino d’origine et des interrogatoires ponctués par le flot des Bateaux-Mouches qui balayent de leurs projecteurs, la nuit, ses vieilles pierres pour mieux les montrer aux touristes. Tel est le « 36 », comme on appelle familièrement le siège de la PJ parisienne à l’image connue dans le monde entier pour avoir fait la une des magazines ou inspiré sans discontinuer romanciers et cinéastes. Les policiers évoquent une « maison », les scénaristes une « mine d’or », les truands lui vouent un « certain respect ».
C’est la maison du crime. Landru, Petiot, Mesrine, « Pierrot le fou » ont gravi ses 148 marches mythiques. « Elle a vu défiler tous les grands criminels », témoigne Claude Cancès, un ancien directeur qui lui a consacré un livre à succès (Histoire du 36). « C’est un mythe, ajoute-t-il, grâce à Georges Simenon qui s’en est inspiré pour créer Maigret. » C’est aussi, fait-il valoir, « une institution qui a relevé des défis ».
Le « 36 » a été créé le 1er août 1913 après le pied de nez de la célèbre bande à Bonnot, ces bandits ayant nargué la police avec leurs puissantes berlines. Une direction de la PJ autonome est alors inscrite dans les textes avec un magistrat à sa tête, et progressivement, les brigades du banditisme, du proxénétisme, des stupéfiants, criminelle ou financière sont créées et développées au « 36 », pour s’adapter aux évolutions de la criminalité. « C’est un lieu qui respire l’histoire et les histoires », dit Mathieu Frachon, coauteur de Mémoires de grands flics du « 36 » : les plus grands criminels, escrocs et malfrats du siècle y ont laissé leur empreinte, et ses murs semblent encore suinter du souvenir d’anciennes affaires d’État, scandales politico-financiers ou attentats terroristes. Il n’est donc pas étonnant que romanciers, cinéastes ou comédiens aient été aussi nombreux à arpenter ses couloirs : Georges Simenon bien sûr, mais aussi Patricia Cornwell, Michel Houellebecq, Gérard Depardieu ou Jean Dujardin... Officieusement, les plus grands du polar y sont passés, selon des sources policières citant notamment Michael Connelly.
Le « 36 » est, « depuis Georges Simenon qui l’a immortalisé, une véritable mine d’or », confirment à l’unisson deux auteurs de polars, l’ancienne commissaire Danièle Thiéry et Franck Hériot. « Mythique, magique, légendaire, emblématique, fantasmagorique », dit la première en évoquant ses « célèbres escaliers foulés par tant de grands flics et de malfrats ». « Il y a tout », renchérit le second : un « climat », une « unité de lieu, de temps, des policiers de toutes les brigades capables de se mobiliser en un éclair ». Sans parler du siège historique, lové à l’ombre d’une « tour pointue », comme la surnommait Léo Malet, le long de la Seine.
Mais aujourd’hui, le « 36 », classé « monument historique », ne convient plus aux rythmes et réalités de la police. Locaux trop exigus, électricité pas aux normes, difficultés d’accueil et de stationnement pour les voitures des policiers, pas assez de moyens de surveillance. Bref, le « 36 » cumule les avaries. Le clap de fin est programmé pour la fin 2016. La PJ déménagera alors pour un bâtiment flambant neuf du Nord-Ouest parisien, dans le quartier des Batignolles. Le sort du siège historique n’est pas encore tranché. « Mais il est évident que cet endroit devra rester en lien avec la PJ », assure un enquêteur, « il ne peut pas en être autrement ».
(Source : AFP)
Immortalisé par le commissaire Maigret, le 36 Quai des Orfèvres, siège historique de la police judiciaire (PJ) parisienne, fête cette semaine ses cent ans et reste une source inépuisable d’inspiration pour les écrivains et cinéastes.Une tour, une cour pavée, des bureaux vieillots, l’escalier au lino d’origine et des interrogatoires ponctués par le flot des Bateaux-Mouches qui balayent de leurs projecteurs, la nuit, ses vieilles pierres pour mieux les montrer aux touristes. Tel est le « 36 », comme on appelle familièrement le siège de la PJ parisienne à l’image connue dans le monde entier pour avoir fait la une des magazines ou inspiré sans discontinuer romanciers et cinéastes. Les policiers évoquent une « maison », les scénaristes une « mine d’or », les truands lui vouent un « certain...
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