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Moyen Orient et Monde - Japon

Abe va devoir batailler pour ses réformes

Hausse de la taxe sur la consommation, accords de libre-échange, restructuration agricole : le Premier ministre japonais Shinzo Abe devra batailler pour faire accepter ces réformes a priori impopulaires par l’opinion publique mais aussi au sein de son propre parti.
Sept mois après son succès aux législatives de décembre qui lui a permis de redevenir Premier ministre, le président du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) a gagné les sénatoriales dimanche dernier. Avec trois ans sans élection nationale et 60 % d’opinions favorables, l’horizon semble du coup dégagé pour l’inventeur des « Abenomics », cette politique de relance qui suscite l’intérêt dans une Europe en pleine cure d’austérité. M. Abe s’en est jusqu’à présent bien sorti : sa relance budgétaire encourage l’activité et l’assouplissement de la politique monétaire a déprécié un yen jugé trop vigoureux. Mais le Premier ministre veut aussi doper le potentiel de croissance de la troisième puissance économique mondiale, via des réformes structurelles et des déréglementations qui pourraient susciter des réticences.
Grands bénéficiaires des Abenomics, « les marchés pourraient perdre patience si aucune annonce concrète n’intervient rapidement », prévient Mitul Kotecha, analyste à la banque Crédit Agricole.

Marché du travail
La spéculation va bon train sur la volonté prêtée à M. Abe d’assouplir les règles du licenciement. Le gouvernement, qui officiellement prévoit de modifier certaines règles du marché du travail mais pas ce point précis, devra en revanche vite se prononcer sur l’opportunité d’élever la taxe sur la consommation de 5 % à 8 % en avril 2014. L’équipe de M. Abe a prévenu qu’elle ne donnerait son feu vert, à l’automne, que si la croissance restait assez dynamique. Le chef du gouvernement est prudent car les deux hausses précédentes, mal acceptées par l’opinion en 1989 et 1997, avaient provoqué d’importants remous au sein du PLD et les démissions des Premiers ministres d’alors. Des responsables du parti se disent déjà hostiles à toute nouvelle augmentation, craignant qu’elle ne tue dans l’œuf l’embryon de reprise.

Libre-échange
Des dizaines de parlementaires libéraux-démocrates se disent de surcroît très réticents à la conclusion d’un accord de libre-échange trans-Pacifique (TPP) qui regrouperait, outre le Japon, les États-Unis et dix autres nations riveraines du grand océan. S’il aboutit, le TPP pourrait entraîner une chute des droits de douane sur les produits agricoles importés au Japon, dont le niveau très élevé protège aujourd’hui les paysans.
Toutefois d’après Tetsuro Kato, professeur de sciences politiques à l’Université de Waseda, la légitimité renforcée de Shinzo Abe devrait le mettre à l’abri d’une contestation interne vigoureuse, au moins dans un premier temps. Sa popularité pourrait en revanche subir l’impact d’une baisse du pouvoir d’achat des classes moyennes, « si l’inflation repart mais que les salaires et l’emploi ne s’améliorent pas ».
Il pointe aussi le risque que le Premier ministre ne retourne à ses obsessions nationalistes et oublie que les électeurs n’ont soutenu que son programme économique. Si M. Abe se montre trop droitier au plan diplomatique ou insiste pour modifier la Constitution pacifiste, « son allié centriste du Nouveau Komeito et l’opinion pourraient se retourner contre lui », prévient le professeur.
Hausse de la taxe sur la consommation, accords de libre-échange, restructuration agricole : le Premier ministre japonais Shinzo Abe devra batailler pour faire accepter ces réformes a priori impopulaires par l’opinion publique mais aussi au sein de son propre parti.Sept mois après son succès aux législatives de décembre qui lui a permis de redevenir Premier ministre, le président du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) a gagné les sénatoriales dimanche dernier. Avec trois ans sans élection nationale et 60 % d’opinions favorables, l’horizon semble du coup dégagé pour l’inventeur des « Abenomics », cette politique de relance qui suscite l’intérêt dans une Europe en pleine cure d’austérité. M. Abe s’en est jusqu’à présent bien sorti : sa relance budgétaire encourage l’activité et...
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